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De la religion à la foi

par | Mis à jour le 4 May, 2022 | Publié le 18 Sep, 2021 | Témoignages

Héloïse -2020

 

 

Témoignage

 

« De la religion à la foi »

Dans ce document, je présente les différents milieux religieux que j’ai fréquentés et l’évolution de mes croyances.

A travers ce témoignage, j’espère parvenir à présenter celui en qui je crois aujourd’hui et surtout ce qu’il me fait vivre.

Table des matières : 

Partie 1 : Grandir dans la religion “chrétienne“.

Chapitre 1 : L’église évangélique Baptiste.

Mon premier pas : Le baptême. 

Mes deux grands objectifs : Etudier la bible et évangéliser 

Ce que je retiens de cette première expérience religieuse. 

Mon départ de l’église baptiste.

Chapitre 2 :  La quête de la sainteté chez les Charismatiques.

Les spécificités des églises charismatiques « africaines ». 

Les pratiques religieuses des charismatiques en 4 points : 

Ce que je retiens de cette nouvelle expérience. 

Chapitre 3 : Focus sur l’adversaire, le père du mensonge. 

L’œuvre du diable dans ma vie (attention la liste est longue) : 

Les faux enseignements. 

La fausse justification. 

Ce que je retiens. 

La justice de Dieu. 

Chapitre 4 : La goutte d’eau chez les darbystes.

Les pratiques religieuses des darbystes. 

Mon expérience chez les darbystes. 

Mon appel 

Chapitre 5 : La fin de la religion.

La foi 

La religion contre la foi  

Partie 2 : Ma nouvelle vie. 

 

Chapitre 1 : La vie invisible. 

Le groupe de Perpignan et d’ailleurs ! 

Rencontre avec mon être intérieur 

Ma nouvelle vue de la Justice et de l’amour de Dieu. 

La chair et l’esprit 

Ne plus chercher humainement la volonté de Dieu. 

Ecouter la voix de Dieu : La parole. 

Le péché, notre nature. 

Abandonner 

La lumière plus forte que les ténèbres. 

Je suis attirée et guidée par l’amour de Dieu. 

La réconciliation. 

Partie 1 : Grandir dans la religion “chrétienne“

 

Chapitre 1 : L’église évangélique Baptiste

 

Mes parents étant convertis au christianisme, j’ai grandi dans un environnement religieux. Depuis ma naissance, j’ai fréquenté une église Baptiste dans laquelle j’ai appris à suivre certaines pratiques religieuses, afin d’être conforme à leur description d’un chrétien :

On m’a appris à suivre les bonnes pratiques collectives : Aller à l’église les dimanches ; chanter pour Dieu ; prier ; écouter les enseignements et appliquer les préceptes bibliques…

On m’a appris à appliquer les bonnes pratiques personnelles : Lire la bible ; prier ; demander pardon à Dieu ; le remercier pour ses bontés ; donner de l’argent à l’église (l’offrande) ; ne pas avoir de relations sexuelles avant le mariage ; dire la vérité ; aider les pauvres ; remercier Jésus d’être mort pour nous ; lui montrer qu’on l’aime ; s’engager dans l’église ; évangéliser pour amener de nouvelles personnes à l’église…

On m’a appris à croire que : Jésus est le Fils de Dieu ; qu’il est mort sur la croix pour nos péchés ; qu’il nous aime…

A cette époque je ne voyais pas le mal dans le fait de respecter ces quelques pratiques. Je le voyais comme une ligne de bonne conduite garante d’une meilleure hygiène de vie, un bonus par rapport aux non religieux. Dans la suite du texte, je reviendrai souvent sur cette liste des pratiques religieuses.

Quand on est enfant dans ce type d’église on a déjà sa place. On suit des enseignements bibliques à l’école du dimanche. Il y a différents groupes de la maternelle au collège, le contenu est adapté à notre niveau selon notre âge. On commence par colorier les vêtements des personnages bibliques puis on apprend les histoires puis certains versés et bien sûr on nous apprend à connaitre et à appliquer les pratiques religieuses.

Il y avait une attention particulière pour faire participer les enfants au culte, nous devions assister à la première partie qui était consacrée aux chants, à la prière et à l’offrande. C’est avant le début de la 2ème partie (la prédication du pasteur) nous étions répartis dans nos différents groupes.

Dans cette église, ce qui me plaisait surtout c’était le côté ludique de l’école du dimanche et les animations des différents groupes d’ados et jeunes adultes. J’aimais écouter les témoignages les jours de baptême et comment Dieu s’était révélé à chaque personne.  J’aimais aussi les moments de convivialité après le culte (apéro, repas ensemble) et plus globalement l’ambiance et l’amitié entre les membres de l’église.

Dans ma famille, nous avions l’obligation d’accompagner nos parents à l’église jusqu’à nos 18ans. Ils estimaient qu’à partir de cet âge, nous pourrions décider de continuer ou d’arrêter d’y aller. En fonction des périodes je les accompagnais avec plus ou moins de contraintes, mais globalement c’était devenu une habitude d’y aller chaque dimanche.

L’année de mes 18 ans, j’ai changé de ville pour suivre mon cursus universitaire. J’ai presque instinctivement cherché une nouvelle église de même dénomination que celle dans laquelle j’avais grandi : Une église évangélique Baptiste.

Bizarrement cette liberté de ne plus aller à l’église me faisait peur, et je voyais cet environnement religieux comme un garde-fou, et peut-être aussi comme une superstition pour favoriser la réussite de mes études.

Mon raisonnement était que si j’obéissais à Dieu, il me bénirait (moi et mes proches), sinon je risquais des problèmes. J’avais donc plutôt intérêt à lui obéir en respectant les pratiques religieuses (citées plus haut).

Même si c’était plutôt par peur de Dieu que je m’étais dirigée dans cette nouvelle église, j’éprouvais un bien être après le culte. J’écoutais pour la première fois de ma vie les enseignements du pasteur, et ça m’intéressait. En plus, je retrouvais la bonne ambiance et l’amitié entre les membres. L’accueil que j’ai reçu m’a permis de me sentir entourée dans cette nouvelle ville et en sécurité.

Mon premier pas : Le baptême

 

Un jour le pasteur a annoncé qu’il y aurait bientôt une session de préparation au baptême (j’aurais pu rajouter cet élément dans la liste des pratiques religieuses, surtout dans le milieu Baptiste que je fréquentais !) Très vite j’ai demandé à suivre cette formation sur le baptême, non pas pour respecter les bonnes pratiques, mais par réel intérêt.

Après quelques mois de préparation avec le pasteur, j’ai pris cet engagement personnel envers Dieu de le suivre, de lui obéir… Bref de vivre en tant que « chrétienne » selon ma définition.

Ma définition d’un chrétien reposait sur le respect des pratiques religieuses du christianisme. Par ce baptême d’eau, j’officialisais mon engagement à respecter ces pratiques et j’annonçais publiquement ma démarche. Je n’imaginais pas le cercle vicieux dans lequel je plongeais par cet engagement personnel (humain) de vouloir obéir et plaire à Dieu… (J’y reviendrai).

A cette époque, la question du salut (être sauvé et donc aller au paradis), était centrale.

Le baptême était considéré comme le premier pas vers la vie dite « Chrétienne », et si on suit la logique c’était aussi le premier pas dans la vie qui mène à la vie éternelle. Je croyais qu’en me baptisant je m’engageais sur le “ bon chemin “, mais j’avais appris qu’il était de ma responsabilité d’y rester (en respectant les pratiques religieuses toute ma vie car c’est elles qui me conduiraient à devenir une bonne chrétienne.)

A cette époque je croyais devoir plaire à Dieu ; pour cela je croyais devoir lui obéir par le moyen des pratiques religieuses. J’associais subtilement cette obéissance à une récompense : « Une place au paradis ».

Au fond de moi je n’étais pas convaincue d’être sauvée ; je croyais que je devais d’abord m’améliorer et atteindre un certain niveau de bonne chrétienne pour enfin “mériter“ d’être sauvée.

Ce que je ne savais pas, c’est que le niveau à devoir atteindre pour mériter d’être sauvé c’est la perfection, alors qu’il est impossible à l’homme d’atteindre cette perfection.

Heureusement le plan de Dieu était ailleurs ! (J’y reviendrai).

A 18 ans, j’entamais donc de façon assez confiante mon chemin vers la vie chrétienne, telle qu’on me l’avait enseignée : Le baptême puis l’obéissance aux pratiques religieuses tout en se perfectionnant, et cela jusqu’à la fin de sa vie.

Il y avait en moi un mélange entre vivre cette vie “chrétienne“ par envie, et la vivre par devoir.

A cette époque je croyais que si je n’obéissais pas à Dieu, je risquais un genre de punition divine (en tout cas du malheur). Je croyais aussi que si je ne correspondais pas aux critères d’une bonne chrétienne, je risquais le jugement de Dieu qui pouvait me conduire en enfer.

Ces peurs qui sont plus ou moins subtilement alimentées dans les églises, m’ont poussées à obéir aux pratiques religieuses, quelle que soit mon envie personnelle, finalement.

Avec la menace de mort qui rodait, je n’avais de toute façon pas intérêt à faire autrement.

Avec du recul, je réalise qu’il s’était subtilement installé en moi plein de notions fausses :

  • Qu’on obtient le salut en obéissant à Dieu,
  • Que le salut repose en partie sur les œuvres (et donc sur l’homme),
  • Qu’on peut s’améliorer par des efforts,
  • Que Dieu peut punir ou condamner,
  • La peur de Dieu…

(J’y reviendrai).

A partir de mon baptême, je suis devenue « zélée pour le Seigneur », et comme j’ai un caractère plutôt fonceur je me suis investie partout où je pouvais pour le servir.

Je me suis mise à respecter plus scrupuleusement les pratiques religieuses. Je faisais l’école du dimanche, je participais à des groupes d’évangélisation, je suis devenue responsable du groupe biblique universitaire (GBU), qui visait à faire connaitre la bible aux étudiants …

Je faisais de mon mieux pour être une “bonne chrétienne “ et plaire à Dieu, j’étais focalisée sur les bonne choses à faire. (J’espérais peut-être un peu que la qualité de mon service pourrait compenser mes quelques imperfections !).

 

Mes deux grands objectifs : Etudier la bible et évangéliser

  • Etudier la bible

Je voulais connaître la bible pour identifier les attentes de Dieu et m’y conformer. Je prenais très au sérieux l’étude de la bible ; j’avais à cœur de maîtriser avec exactitude son contenu pour connaître la volonté de Dieu.

Avec mes amis nous aimions confronter nos points de vue, nos interprétations et les enrichir avec les études des grands théologiens évangéliques, jusqu’à déterminer les meilleures explications et les croyances à adopter. Nous accumulions ainsi beaucoup de connaissances, et nous misions sur elles pour nous perfectionner et aussi convaincre les non chrétiens de suivre Dieu.

Cette quête de connaissance prenait le dessus sur ma vie personnelle avec Dieu ; certains chrétiens mentionnaient une relation intime avec lui, la mienne était insignifiante. Ça me dérangeait de ne pas être en mesure de témoigner de ma relation personnelle avec Dieu.

Ma connaissance de Dieu se limitait aux informations théoriques que j’apprenais à l’église, et ma relation personnelle avec Dieu se résumait à prier (pour que moi je parle à Dieu) et lire la bible (espérant entendre Dieu).

J’avais beaucoup de questions sans réponses et des doutes, mais je les laissais de côté pour me consacrer à ceux qui n’étaient pas encore sauvés (selon ma définition).

En fait j’avais bien plus à leur expliquer mes connaissances qu’à leur témoigner ma relation personnelle avec Dieu.

Pour autant, je me considérais comme étant sur le bon chemin qui mène à la vie, car j’étais baptisée et engagée à suivre les pratiques religieuses pour m’améliorer. C’était donc normal d’essayer d’attirer d’autres gens à faire de même.

  • Evangéliser

L’évangélisation dans le milieu évangélique est une des missions principales. Selon leurs critères, un bon chrétien doit aller parler de Dieu autour de lui afin d’accroître le nombre de croyants. Je voulais donc faire connaître Dieu (plutôt l’histoire de Jésus), pour sauver un maximum de gens. Le salut avait une place centrale.

D’énormes moyens sont déployés pour faire venir des gens à l’église (organisations de concerts, conférences, repas gratuits…) et pour faire connaître Dieu en dehors de l’église (distribution de flyers, soutiens aux missionnaires, distribution de bibles et divers supports contenant des versets bibliques…).

La liste est très longue et les moyens financiers dédiés à cette cause sont une part importante du budget des églises (enfin ça dépend des églises).

Avec plus ou moins d’aisance, je participais aux projets d’évangélisation et je répondais ce qu’on m’avait appris sur Dieu. Il fallait annoncer “L’évangile = la bonne nouvelle “, chez les évangéliques l’évangile se focalise sur la vie de Jésus sur terre. D’ailleurs dans la bible, les 4 premiers livres du nouveau testament sont nommés évangiles, et raconte le parcours de Jésus présentés par 4 personnes différentes. Aujourd’hui je comprends l’évangile d’une manière beaucoup plus large qui intègre la vie de Jésus depuis toujours et pour toujours.

Je ne saisissais pas vraiment en quoi la vie de Jésus sur terre était une si bonne nouvelle pour moi, mais je l’annonçais en espérant que ça devienne une bonne nouvelle pour les autres. J’avais appris que s’ils acceptaient d’y croire ça leur éviterait d’aller en enfer.

J’abordais donc avec ferveur les principaux points qui constituent l’évangile : L’amour de Dieu, le péché, la mort de Jésus sur la croix, le salut.

Toutes les occasions étaient bonnes pour divulguer cette version de l’évangile : Les baptêmes, les mariages, les enterrements… Il était même admis d’organiser des événements non religieux pour rassembler du monde et profiter de l’occasion pour annoncer cet évangile. J’y participais, croyant qu’en annonçant cette histoire au gens c’était un peu comme un message magique qu’il suffisait d’entendre pour croire en Dieu et être sauvé.

A cette époque, je pensais que tous les moyens étaient bons pour amener quelqu’un à l’église (tant pis si je devais broder un peu sur mon vécu, du moment que la personne acceptait de venir à l’église pour entendre la bonne parole du pasteur qui était selon moi le mieux placé pour parler de Dieu).

Je me souviens que ça coinçait particulièrement en moi quand je parlais de l’amour de Dieu. Malgré mes connaissances théoriques, ça restait un sujet mystérieux. Je connaissais l’amour par rapport à ce que je vivais avec mes proches, mais je n’éprouvais rien qui s’en rapproche avec Dieu.

Je me disais que c’était sûrement le diable qui me tourmentait avec ses réflexions pour me limiter dans ce que j’appelais mon service pour Dieu (aujourd’hui je l’appelle mon activisme religieux).

Ce que je retiens de cette première expérience religieuse

Au cours de ces 20 années, j’ai eu l’occasion de visiter une dizaine d’églises évangéliques. Sur la forme il pouvait y avoir de petites variations qui justifiaient la nouvelle dénomination, mais sur le fond il y a un socle commun qui est de faire le bien pour plaire à Dieu et ne pas faire le mal pour ne pas lui déplaire. On nous apprenait à respecter un genre de code civil religieux.

  • Le bien

On m’a appris à croire en un genre de code qui attribuait à Dieu ce qui est bien, et au diable ce qui est mal.

Ou plutôt, plus tu fais des bonnes choses, plus tu vas vers Dieu, et plus tu en fais des mauvaises, plus tu vas vers le diable. J’appliquais donc les « pratiques religieuses » pour faire le bien et aller vers Dieu.

Par mon mode de vie je me sentais immunisée du diable : J’allais à l’église, j’essayais de faire le bien, et je respectais les pratiques religieuses ; ça faisait de moi (selon moi) une « bonne personne » et ça justifiait ma place dans le cercle protecteur de Dieu.

  • Le mal

Le diable est un sujet vague dans les milieux religieux que j’ai côtoyé (sauf chez les charismatiques qui en parlent presque autant que de Dieu).

Globalement j’ai appris que le diable était l’ennemi de Dieu ; qu’il était méchant, dangereux et fort pour faire le mal.

J’attribuais donc au diable toutes les mauvaises choses du monde qu’on ne retrouve évidemment pas dans les églises (en tout cas on n’en parle pas ou peu) : La drogue, le sexe, la politique, les jeux d’argent, les boites de nuit, les assassins, les méchants…

Toutes ces choses qu’on regroupait sous le terme « péché » sont associées au “monde“ (c’est à dire aux non chrétiens). En les évitant on se sentait comme immunisé du diable.

J’ai remarqué que plus les églises sont rigides sur la définition des choses bonnes et mauvaises, plus leur rapport avec les non chrétiens est étrange.

Il y a à la fois :

  • La volonté de conserver une distance avec eux et leur mode de vie.
  • Et la mission d’aller vers eux pour les évangéliser et les convertir
  • On s’attribuait la mission d’attirer les non chrétiens à l’église, alors que Jésus a dit : « J’attirerai tous les hommes à Moi » (Jean 12.32). On négligeait le fait que c’est Dieu qui attire les gens à lui.

J’étais donc amenée à côtoyer les « gens du monde »(les non religieux), mais dans une certaine mesure : On peut leur parler et être gentil avec eux, mais sans tisser de lien trop fort.

L’amitié entre chrétiens était favorisée.

D’une manière générale, plus l’église a des règles rigides sur le bien et le mal, plus l’environnement social se restreint aux membres de l’église. J’appelle ces milieux « les communauté fermées et exclusives », et c’est particulièrement flagrant chez les darbystes.

Aujourd’hui je crois qu’on ne peut pas distinguer de cette façon ce qui est de Dieu et ce qui est du diable. Sur la base d’une loi écrite on passe à côté de ce qui est dans le cœur (et que Dieu connait).

Par exemple, il y a ceux qui se pavanent pour faire des actes reconnus bons, par orgueil plus que par amour.

Il y a aussi ceux qui sont poussés à faire des actes reconnus mauvais, mais qui en souffrent et qui le regrettent.

Selon la loi humaine, le premier serait félicité et le second condamné. Mais Dieu n’a pas ces critères ! Il a sa propre justice selon laquelle celui qui croit est juste.

A ce sujet j’aime beaucoup l’image des deux arbres dans le jardin d’Eden : L’arbre de la connaissance du bien et du mal (le diable) et l’arbre de vie (Jésus).

Dans les églises il n’y a pas de loi écrite universelle. Même si la majorité des points qui définissent le bien et le mal font l’unanimité, il y avait certains sujets qui ne faisait pas cette unanimité.

Si c’était des sujets mineurs, il était toléré d’avoir des opinions différentes. Par exemple

Aller à l’église : c’est bien.

Ne pas aimer Dieu : c’est mal.

Et vous, que pensez-vous du fait d’aimer Dieu sans aller à l’église ?

J’ai grandi avec cette échelle de valeurs pour catégoriser les gens sur la base de critères extérieurs, visibles : Aller à l’église, prier, lire la bible, etc.

Je pouvais donc facilement juger si les règles en question étaient rigoureusement respectées, ou non, et j’attribuais une valeur aux gens en fonction du sérieux.

En haut du panier il y avait les pasteurs, puis les missionnaires, puis les chrétiens du dimanche, puis les chrétiens non pratiquants, et tout en bas les non chrétiens.

Mon rapport avec les gens du “monde“

Je transposais sur les gens l’image qu’on m’avait donnée de Dieu : Un Dieu qui aime et récompense ceux qui lui obéissent ; et qui rejette et punis les autres.

Finalement, selon ces « critères chrétiens », notre rôle n’était pas d’aimer les gens tel qu’ils étaient ; c’était de les attirer à faire le bien pour qu’ils méritent qu’on les aime.

Dans la religion, on nous disait d’aimer notre prochain, mais nous encourageait à ne pas nous mélanger avec les autres : avec le “monde“. Du coup notre amour pouvait se limiter à ceux qu’on côtoyait vraiment : Les religieux (et encore, pas tous !).

Les milieux évangéliques ne sont pas les plus insistants sur cette séparation à avoir avec le monde, mais certains religieux ne se cachaient pas de considérer que les amitiés entre « chrétiens » valaient mieux que les autres.

Jésus, parlant au Père, a pourtant dit ceci concernant ses disciples : « Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les préserver du mal.

Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde« .

A travers cette phrase on apprend que c’est Dieu qui préserve du mal (et pas nous). On apprend aussi que Jésus distingue parmi les gens dans le monde, ceux qui n’en font pas partie à l’origine.

J’en déduis que ceux qui sont de ce monde font naturellement les choses du monde ; et ceux qui y sont mais sans en être à l’origine, feront aussi naturellement les choses du monde duquel ils viennent.

Avec l’école et mes activités sportives je côtoyais ces gens du “monde“ et certains étaient mes amis, je les aimais naturellement malgré nos divergences d’opinions. Ça créait parfois un malaise, comme si c’était déplacé, ou mal, de les aimer. Ou alors il fallait l’argument de l’évangélisation pour justifier notre proximité.

Aujourd’hui je n’ai plus cette culpabilité d’aimer les gens, quelle que soit leur religion ou mode de vie.

On était loin des exemples de Jésus qui s’entourait principalement des gens rejetés à cause de leur mauvaise vie (les prostituées, les lépreux…). On avait beau nous dire que Jésus aime les faibles et humble de cœurs, à l’église on valorise les puissants selon leurs actes d’obéissance, leurs actions de service et leurs connaissances théoriques.

Lorsqu’on est respectueux des règles, il y a une approbation des religieux ; leurs encouragements ont contribué à me faire persévérer dans mes actions (mon orgueil était bien flatté par leurs félicitations).

Ce que je crois aujourd’hui

Je n’accorde plus autant d’importance à ces critères de bien et de mal, ni au respect d’un mode de vie spécifique pour être chrétien pour au moins 3 raisons :

  • Ces critères se focalisent sur l’apparence, et je suis bien placée pour savoir que l‘apparence peut être trompeuse : J’ai appliqué pour moi-même un mode de vie extérieur pour correspondre aux critères d’une bonne chrétienne, alors que ma vie intérieure était
  • Car Dieu voit ce qui est invisible et connait nos cœurs ; Il sait qu’il n’y a aucun juste parmi les hommes ! Si on avait conscience que l’application rigoureuse des règles chrétiennes ne changeait pas nos cœurs, on se focaliserait peut-être moins dessus.
  • Car ce qui a de la valeur aux yeux de Dieu ce n’est pas notre joli mode de vie, ni nos efforts, ni nos sacrifices, ni notre bonne volonté… mais c’est la foi. La foi en Lui. La foi en Jésus.
  • Il suffit de voir ceux qui avaient la foi dans la bible, pour savoir qu’avec nos « critères extérieurs » on les aurait tous condamnés (enfin on les aurait briefés sur comment être de meilleurs chrétiens).
  • J’aime beaucoup l’exemple du brigand sur la croix à coté de Jésus, qui, malgré son mode de vie condamnable aux yeux des hommes, avait la foi qui le liait à Jésus. Avec nos critères humains on estime qu’il mérite sa condamnation mais Jésus ne l’a pas jugé sur la base de ses mauvaises œuvres, il l’a sauvé sur la base de sa foi. A ce sujet, il me parait important de rappeler qu’i n’y a aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus Christ. Romain 8.

Aujourd’hui, je continue d’être influencée encore par des éléments extérieurs, mais je ne me focalise plus dessus pour juger les gens.

Je sais que ce que je discerne avec mes yeux ou mon cerveau est incomplet, et risque de me faire déduire des choses fausses.

Mon échelle de valeur a changé. Je sais qu’on est victime de l’état de notre cœur et qu’on n’a pas la possibilité de l’améliorer.

On est tous pécheurs, c’est notre nature qui nous suivra toute notre vie. Le fait d’essayer de se focaliser sur les choses qu’on estime bonnes, ne nous détache pas de notre tendance à faire l’inverse.

Dieu ne nous récompense pas de nos efforts pour résister au péché ; Il nous connaît et sait que c’est impossible. Il sait que nous sommes des victimes du péché et qu’on ne l’a pas choisi.

Romains 7.18 : Ce qui est bon, je le sais, n’habite pas en moi, c’est-à-dire dans ma chair.

J’ai la volonté, mais non le pouvoir de faire le bien. Car je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas. Et si je fais ce que je ne veux pas, ce n’est plus moi qui le fais, c’est le péché qui habite en moi.

Je trouve donc en moi cette loi : Quand je veux faire le bien, le mal est attaché à moi.

Le péché n’empêche pas la foi. Tous les “héros » de la foi cités dans la Bible étaient pécheurs et avaient une vie cohérente avec cet état (ils n’étaient pas infaillibles). Le péché n’est pas un frein pour Dieu, ni une occasion de punition. Mon jugement de condamnation envers les « méchants » ou les non chrétiens s’est transformé en compassion.

Je sais aussi que Jésus est venu pour sauver tous les humains, et qu’on ne peut rien faire pour mériter le salut, ni la foi. Je respecte donc le fait qu’on a tous un chemin de vie unique avec Dieu, qui peut arriver au cours de circonstances inattendues.

Je crois qu’on est appelés à vivre de cette nouvelle vie et pas à s’améliorer, ni à devenir parfait. J’attribue à Dieu seul la responsabilité de me faire vivre par la foi. C’est son œuvre.

Malheureusement, à cette époque je croyais que mon péché m’éloignait de Dieu et que plus je me sanctifierais (avec mon mode de vie orienté vers le bien) et plus ma foi pourrait grandir (Dieu pourrait s’approcher de moi). On vit dans un monde ou c’est normal de punir le mal et on attribue à Dieu les mêmes pratiques.

On oublie que Dieu vit selon ses propres principes qui sont bien différents des nôtres. Je trouve ça passionnant de découvrir l’écart qu’il y a entre les deux. J’ai envie de replacer la normalité selon les critères de Dieu et qu’il me fasse vivre selon ses principes à lui.

Mon départ de l’église baptiste

J’ai persévéré quelques années dans ces activités et mode de vie, malgré le vide en moi qui soulignait une certaine hypocrisie. Aujourd’hui j’attribue à Dieu cette quête de vérité et d’authenticité.

Au bout de quelques années de pratiques religieuses évangéliques, j’ai réalisé que les résultats n’étaient pas à la hauteur de mes objectifs. Le nombre de nouveaux convertis frôlait le zéro et mon niveau d’intimité avec Dieu n’évoluait pas.

En revanche, ma connaissance des textes bibliques augmentait. Malheureusement, ce point entraînait plus de découragement que d’encouragement car plus je découvrais les histoires de la bible, plus j’observais un décalage entre ma vie et celle des héros chrétiens cités. J’aspirais à voir l’action visible de Dieu (les conversions, les miracles, entendre la voix de Dieu…).

Pour me rassurer et ne pas passer pour une ingrate, j’entrepris alors de noter dans un carnet tous les actes où situations pour lesquelles j’attribuais l’intervention de Dieu. Ça se résumait aux éléments positifs et prospères de ma vie (mon permis, la réussite de mes examens, les nouveaux visiteurs à l’église…). Je pense qu’au fond de moi je cherchais l’approbation de Dieu et la paix intérieure.

J’ai fini par considérer que si ma vie ne ressemblait pas à celle des héros de la foi, c’est que mon engagement n’était pas assez poussé et qu’il fallait redoubler de rigueur. A travers un nouveau niveau d’obéissance, j’espérais grandir dans la foi (grandir spirituellement), et le seul moyen que je connaissais en ce temps là pour y parvenir c’était « la sanctification ».

Les enseignements dans mon église baptiste n’étaient plus à la hauteur de mon objectif de sanctification. Je commençais même à ressentir du mépris pour les membres de l’assemblée. Je les jugeais laxistes, car j’estimais qu’ils se satisfaisaient d’appliquer les pratiques religieuses de base, au lieu de vivre efficacement la vie de l’Esprit.

Je me suis alors rapprochée des églises charismatiques car ces milieux étaient réputés pour leur coté plus démonstratifs et plus orientés sur la vie de l’Esprit.

Chapitre 2 :  La quête de la sainteté chez les Charismatiques 

 

J’ai commencé par aller dans des églises charismatiques traditionnelles et reconnues comme les ADD (Assemblées De Dieu). Puis petit à petit j’ai atterri dans des assemblées sans dénomination et plus autonomes comme les églises du réveil (le réveil de l’Esprit !).

Ces dernières sont principalement composées d’africains qui, de par leur culture, sont assez familiarisés avec les réalités spirituelles.

Je quittais le chauvinisme des églises officielles qui forment leurs pasteurs dans les universités théologiques réputées, pour rejoindre les églises qui se considèrent comme l’élite spirituelle et les préférés de Dieu.

Les spécificités des églises charismatiques « africaines »

Dans les assemblées du réveil : Il y a des pasteurs (si on reprend les 5 ministères dans éphésiens 4 v11, les pasteurs regroupent en général les 5).

Ces pasteurs annoncent qu’ils ont été directement choisis et enseignés par Dieu (bien qu’en réalité ils suivent aussi une formation qui délivre un diplôme non reconnu). Ils agissent comme des intermédiaires entre Dieu et les membres moins spirituels. Au moment de prêcher le dimanche, le pasteur disait « Dieu vous dit cela » ; ou « Dieu veut cela ».  Ce qui est pratique dans ces assemblées, c’est que Dieu annonce distinctement ce qu’il veut (reste à savoir si c’est vraiment Dieu qui souffle aux pasteurs !)

Pour moi, il y avait encore une hiérarchie : En haut les pasteurs et anciens de l’église, qui se disaient souvent remplis du saint esprit, et qui pouvaient connaître et faire à peu près tout (comme Dieu !) : Guérir des malades, chasser des démons, connaître le passé ou l’avenir des gens et même ressusciter des morts (mais je n’ai pas vu tout ça).

Puis il y a le reste des membres de l’assemblée qui était invité à découvrir leurs dons spirituels, afin de pouvoir contribuer efficacement à l’avancée du royaume de Dieu.

Dans ce milieu, je faisais partie du bas de l’échelle (je ne parlais même pas en langue…), j’étais soumise à l’autorité assez pesante des pasteurs et anciens. J’espérais qu’en écoutant bien, je découvrirais la vraie recette pour devenir spirituelle. J’espérais aussi bénéficier de la présence du Saint-Esprit pour m’accaparer quelques dons et contribuer aussi à l’avancée du royaume.

Dans ces assemblées, ils parlent ouvertement du diable et de la vie spirituelle au sens large (celle du Saint-Esprit et celle des esprits du mal). Ils s’adressaient souvent à des démons ou suscitaient des manifestations surnaturelles. J’étais à la fois terrifiée par ces scènes et en même temps, j’avais bien trouvé ce que je cherchais : Un Dieu actif avec des manifestations visibles (même si c’était surtout les manifestations du diable qu’on voyait dans ces milieux, ça me confortait sur la présence de Dieu).

Dans ces milieux, on m’a appris à avoir une nouvelle logique : Plus je me conformerais à leur vision des exigences de Dieu, plus l’Esprit de Dieu pourrait habiter en moi et agir visiblement à travers moi. Sur le fond, on est encore avec l’image d’un dieu qui est limité par le péché et qui récompense ceux qui lui obéissent à la lettre à travers les pratiques religieuses.

Les pratiques religieuses des charismatiques en 4 points :

 

1-         Il fallait connaitre les textes bibliques sur le bout des doigts, jusqu’à apprendre par cœur les versets (il y avait parfois des exercices notés). Une attention particulière était portée sur la meilleure traduction de la bible, afin de se rapprocher au maximum des volontés de Dieu.

Nous avions à disposition les versions les plus littérales de la bible (grecque, hébraïque). Je me souviens avoir surligné dans ma bible toutes les paroles de Jésus, en pensant que c’était la meilleure base de vérité à suivre littéralement.

Ces connaissances poussées des textes étaient censées rendre notre service plus conforme à ses attentes et atteindre une proximité avec Dieu. La maîtrise des textes et versets devait aussi accentuer notre crédibilité et notre efficacité pour l’évangélisation.

Enfin, ces connaissances théoriques devaient servir à nous défendre face aux attaques de l’adversaire, car dans ce milieu le diable et ses démons sont actifs (ils ne sont plus justes associés à certains lieux et personnes. Ces esprits malveillants pouvaient attaquer n’importe qui ; la connaissance de la bible devait agir comme un bouclier contre eux).

2-         Il fallait résister au péché (vaste programme !) Concrètement je devais vraiment renoncer aux choses dites « du monde ». Cela regroupe tout ce qui n’était pas lié à Dieu et qui par déduction venait du Diable : La musique, les films, certains lieux…

Petit à petit je n’écoutais plus que des musiques religieuses ; j’essayais de réduire mes contacts avec mes amis non chrétiens, et j’évitais les lieux publics (que je considérais remplis de démons). J’avais appris qu’en chantant des cantiques, l’Esprit de Dieu remplirait ma maison et que ça empêcherait les mauvais esprits d’entrer…

Il fallait rester le plus à l’écart possible des non croyants qui étaient considérés comme un accès au diable pour nous influencer, nous pervertir et nous éloigner de Dieu. En gros, je devais organiser un environnement qui soit le plus propice à la venue du Saint-Esprit. Il y avait une obsession sur le fait d’être rempli du Saint-Esprit, c’était considéré comme le seul moyen pour que Dieu puisse agir dans le monde, comme si le Saint-Esprit avait besoin des religieux comme intermédiaire entre Dieu et les hommes à sauver.

3-         Il fallait délivrer les gens du mal. Il y avait une logique selon laquelle le péché était un accès au diable et ses démons. Quand nous péchions, les démons entraient en nous et chassaient l’esprit de Dieu. Donc en chassant les démons, on libérait la place pour le saint esprit. Comme chez les évangéliques, il y avait cette notion fausse que les péchés éloignent de Dieu.

Notre mission était de chasser les démons pour purifier les gens et permettre un accès à Dieu par son Esprit. Pour justifier ces actions, on nous disait que le sens de la mort de Jésus sur la croix et sa victoire sur le péché, c’était pour permettre aux religieux d’avoir autorité sur les démons. On nous répétait souvent que Jésus allait bientôt revenir pour emporter les siens. Ça mettait la pression, il fallait agir vite si on voulait être sauvé (nous et nos proches). Je vivais le rappel du retour de Jésus comme une menace ; ça accentuait le climat de peur déjà ambiant (j’avais peur des démons, des gens autour de moi, du retour de Jésus…).

4-         Il fallait faire grandir l’Esprit de Dieu en nous en respectant scrupuleusement les pratiques religieuses (on était même encouragés à se forcer). On nous disait que nos réticences étaient liées à la chair et au péché et qu’à force de pratiquer, nos corps finiraient par trouver ça naturel et on en tirerait des bénéfices.

 

Ce que je retiens de cette nouvelle expérience

Comme chez les évangéliques, il y a cette notion fausse qu’on peut s’améliorer et se perfectionner pour mériter Dieu.

Croyant leurs enseignements, je me suis mise avec rigueur à lire la bible, à prier… Je disais à Dieu « brise moi car il faut que tu croisses et que je diminue », dans le sens qu’il fallait que le maximum de mon être lui obéisse.

Nous devions devenir des soldats de Dieu. Tout ce qui comptait c’était la mission d’évangéliser et de convertir. Pour y parvenir il fallait qu’on se débarrasse de tout ce qui nous définit et nous attire. Leur interprétation de « laisser toute la place à Dieu“ se traduisait par une volonté d’éliminer tout ce que le corps peut contenir afin de ne laisser qu’une enveloppe qui pourrait contenir le saint esprit.

Je tentais comme je pouvais d’éliminer ce qui me caractérisais et ce qui m’attirais car on m’enseignait que tout ce qui venait de moi était mauvais. J’aurais pu me demander pourquoi Dieu nous à créer à son image avec tant de diversité ? Pourquoi il parle d’un rapport de père à enfants ? et sur quoi repose son amour ? Mais ma confiance aveugle me poussait à suivre ce nouveau vent de doctrine sans poser trop de questions.

J’ai même frôlé le retour au respect de la loi de l’ancien testament en guise de moyen d’obéissance extrême à Dieu. Malgré toute cette rigueur, ma relation personnelle avec Dieu ne progressait pas, pire, tous leurs arguments justifiaient son éloignement.

J’accordais du crédit aux anciens, car pour moi leur autorité spirituelle et les manifestations visibles étaient une approbation de Dieu. Je développais une confiance quasi aveugle dans les gens qui exprimaient des dons spirituels. J’ai fini par me retrouver sous l’autorité de ces hommes, j’obéissais à leurs conseils, à leurs ordres et je suivais leur mode de vie avec l’impression d’obéir et de plaire à Dieu. Mais les enseignements étaient devenus tellement profonds qu’ils en devenaient abstraits.

En plus des règles à respecter, piochées dans la bible, il y avait tout un univers spirituel à maîtriser qui ne reposait sur aucun fondement théorique précis.

L’omniprésence des dangers spirituels invisibles représentaient une menace permanente ; c’était terrifiant. Sans m’en rendre compte ils avaient installé en moi une peur de Dieu. Je croyais qu’il était loin de moi car trop pur, et que sa venue était seulement associée à un jugement et une condamnation à mort.

Dans ce climat déjà tendu, il y avait en plus le jugement entre les membres. Car les pouvoirs spirituels qui devaient être visible, déterminaient notre proximité avec Dieu. Comme je n’en avais pas, je n’avais rien à dire et j’étais classée au rang des inférieurs (suspectée de ne pas avoir une vie très nette, sinon il y aurait des résultats !).

Comme je ne détenais aucune autorité spirituelle, je me suis retrouvée à vivre au crochet de gourous qui, de par leur capacité à être remplis du Saint-Esprit, faisaient l’intermédiaire entre Dieu et moi. Ce sentiment de vulnérabilité, d’insécurité et de peur est l’une des pires expériences que je retiens de cette période de ma vie.

Au contact des charismatiques, mes bonnes pratiques chrétiennes évangéliques étaient devenues une longue liste de choses à faire et à ne pas faire, pour être dans les clous de Dieu. C’était le prix que je croyais devoir payer pour grandir en sainteté, grandir dans la foi et ainsi devenir le temple dans lequel Dieu pourrait habiter par son Esprit.

Plus la liste des bonnes pratiques s’allongeait, plus les échecs s’accumulaient et plus je devais me rattraper (prier plus, Jeûner, demander pardon… Bref m’améliorer et me sacrifier de plus en plus).

La mission d’évangéliser était devenue secondaire, il fallait d’abord que je règle ma condition et que je me sanctifie. Finalement, plaire à Dieu, c’était encore renoncer à moi telle que j’étais pour essayer d’atteindre une version parfaite de moi.

Être parfait était subtilement devenu l’exigence pour bénéficier de l’amour et de la présence de Dieu…

On m’a fait croire que mes péchés empêchaient Dieu de s’approcher de moi ; mais paradoxalement je devais lui demander son aide pour me sanctifier. Comme je ne me m’estimais pas suffisamment saine pour qu’il m’écoute ou soit proche de moi, je finissais par ne compter que sur moi.

Je comptais surtout sur mes propres forces et efforts pour m’approcher de Dieu, et quand je sentais le découragement arriver, je lui demandais son aide pour me faire persévérer dans ma démarche.

En gros je devais me sanctifier par mes propres forces pour que Dieu qui est Saint puisse me côtoyer et petit à petit habiter en moi.

Encore dans ce milieu, les textes bibliques étaient considérés comme une méthode à suivre pour atteindre Dieu. A la différence des évangéliques, ce n’était plus seulement Jésus qu’il fallait imiter, c’était le Saint-Esprit qu’il fallait mériter et le niveau était beaucoup plus exigeant car il fallait devenir saint et parfait.

J’ai donc continué à croire qu’il fallait que j’ajoute ces œuvres à ma foi. Je ne me doutais pas qu’en faisant ainsi, je ne gardais que les œuvres et j’annulais la foi (mon unique lien avec la Vie, avec Dieu). Je connaissais les principes de Dieu (son omniprésence, son amour…). Je connaissais aussi l’histoire de Jésus et le principe de la foi seule pour le salut… Mais les enseignements dans les églises développaient certains points au détriment d’autres, si bien que ça perdait le sens du message de Dieu. C’est ce qui explique la diversité de courants religieux et les dérives concernant l’image de Dieu.

L’œuvre de Dieu et la venue de Jésus n’avaient pas vraiment de sens pour moi ; je vivais comme à l’époque du peuple, guidé par la nuée dans le désert.

Je devais obéir à des règles (la loi), sauf que je n’avais pas les sacrifices d’animaux pour effacer mes péchés. J’avais compris que la venue de Jésus remplaçait les sacrifices d’animaux et qu’il suffisait de lui demander pardon oralement pour qu’il nous pardonne nos péchés.

Au début ça allégeait ma conscience, mais plus les échecs s’accumulaient, moins j’estimais mériter son pardon. Je vivais en quasi-permanence dans l’insatisfaction, l’accusation et la condamnation.

Dans un environnement religieux chrétien, on pourrait s’attendre à retrouver au centre des enseignements l’œuvre de Dieu : Que l’on croie en celui qu’il a envoyé (Jean 6 v 29).

Mais ce n’est pas le cas. Je connaissais ce verset, bien entendu ; mais le fait d’uniquement croire n’était jamais enseigné comme étant assez. Il fallait aussi faire !

Et c’est surtout ça qu’on m’a appris dans les milieux religieux (il est écrit ceci, donc vous devez faire cela).

Toutes les églises que j’ai fréquentées considéraient avoir la vérité sur la base des critères suivant : Lire la bonne version de la bible, donc savoir interpréter ce que Dieu veut, et présenter les bonnes pratiques pour y obéir.

Dans chacune de ces assemblées, je retrouvais la satisfaction d’être la vraie et bonne chrétienne, car j’obéissais avec ferveur et dévouement aux bonnes règles (de quoi se sentir légèrement ou beaucoup supérieur aux autres chrétiens qui n’avaient pas cette chance).

Dans toutes ces églises il y avait cette logique de devoir imiter Jésus pour accéder à Dieu. Le seul enseignement que j’avais entendu dans les églises, c’est de devoir respecter les ordonnances de Dieu contenues dans la bible : La loi (même si personne ne l’appelle comme ça).

Pourtant, Jésus n’a jamais demandé qu’on l’imite avec nos forces humaines ; au contraire il nous invite seulement à demeurer en Lui, car c’est Lui qui a tout accompli.

Comment faire pour demeurer en quelqu’un d’invisible ? La réponse des religieux : Imiter ce qu’il faisait quand il était visible et appliquer à la lettre ce qu’il a dit (Jésus et tous ceux qui l’ont côtoyé de son vivant).

Finalement, je n’avais pas vraiment d’autre choix que de m’engager à suivre ces règles religieuses, car j’étais plus attentive à ce bruit environnant qu’à la petite voix en moi qui voulait me montrer autre chose.

J’étais focalisée sur le péché et les efforts à mener pour le contourner, afin d’obtenir le salut.

Bien que l’apôtre Paul enseignait de nous considérer comme morts au péché, je croyais qu’il était humainement possible d’aller vers Dieu en y résistant.

On avait réussi à me convaincre que Dieu était venu jusqu’à nous (par Jésus), et qu’il me restait un pas à faire pour aller vers Lui.

Ce que j’ai découvert, c’est que ce dernier pas qu’on me proposait de faire consistait à devenir sainte comme Dieu. On me donnait l’illusion que je pouvais réussir en respectant strictement toutes les pratiques religieuses (je devais obéir à la loi comme le peuple dans le désert dans l’ancien testament). Finalement pas si petit que ça ce dernier pas.

Pourquoi n’enseigne-t-il pas que le niveau de Dieu est inaccessible à l’homme (même avec tous nos efforts et la persévérance de toute une vie) ?

Aujourd’hui je critique les pratiques religieuses qu’on enseigne dès le plus jeune âge dans les églises. Car elles donnent l’illusion qu’en les respectant on est capable de s’améliorer devant Dieu. C’est un mensonge grave, car le niveau de Dieu c’est la perfection et c’est incompatible avec la nature humaine.

De plus, ce résonnement néglige le plan parfait de Dieu qui concerne un salut gratuit par le moyen de la foi seule en lui.

Chapitre 3 : Focus sur l’adversaire, le père du mensonge

A cette époque, tout ce que j’aurais pu dire sur le diable était de la théorie ou lié aux manifestations que j’avais vues chez les charismatiques. Mais avec les expériences que j’ai vécues et avec le recul j’ai beaucoup à dire. J’ai d’abord cru que le diable agissait de façon exubérante mais progressivement j’ai réalisé qu’il agissait de façon très subtile.

L’œuvre du diable c’est de nous éloigner de la vérité, et pour cela il a une méthode très efficace : Utiliser la vérité mais en y ajoutant ou en enlevant un petit bout.

Le terme séducteur est bien choisi, car c’est une méthode subtile et sans s’en rendre compte on est séduit puis trompé. On côtoie de très près la vérité mais on passe à côté, et on rate la vie qui y est associée. Il fait subtilement passer le mensonge pour la vérité.

 

L’œuvre du diable dans ma vie (attention la liste est longue) :

  • Il m’a fait me focaliser sur mes péchés pour me faire croire que c’était ce qui m’éloignait de Dieu. Ainsi il renie l’œuvre de Dieu qui nous a réconciliés.
  • Il m’a fait croire que je pouvais espérer m’approcher de Dieu à condition de respecter et d’appliquer certaines pratiques. Ainsi il me donne une image d’un Dieu lointain et quasi inaccessible.
  • Il m’a fait me focaliser sur moi et mes œuvres au détriment de l’œuvre de Jésus, dans laquelle je suis pourtant inclue.
  • Il m’a fait me focaliser sur une « compréhension littérale » de la bible au détriment d’une « compréhension spirituelle des écritures » ; (la vraie parole de Dieu).
  • Il m’a fait me focaliser sur un jésus homme, (jésus bébé, Jésus mort sur la croix…) pour me détourner de Jésus Fils de Dieu, vivant de toute éternité.
  • Il m’a focalisé sur les œuvres physiques de Jésus sur la terre pour me détourner de l’œuvre de Dieu : Que nous croyions en celui qu’il a envoyé (distinguer Jésus homme et Jésus Fils de Dieu).
  • Il m’a fait me focaliser sur les actions de Jésus pour m’empêcher de voir son message, et plus globalement l’œuvre de Dieu et son royaume que Jésus annonçait.
  • Il m’a fait me focaliser sur MES péchés pour lesquels je devais régulièrement me faire pardonner, alors que Jésus a déjà payé sur la croix pour le salaire DU péché qui est la mort.
  • Il a utilisé la confusion entre « Jésus mort pour moi » et « Jésus mort à cause de moi », pour me faire culpabiliser et m’obliger à être redevable. Ça justifiait l’ajustement de mon mode de vie par mes propres efforts pour lui témoigner ma gratitude.
    • Il m’a fait négliger le fait que la mort de Jésus faisait partie du plan de Dieu depuis le commencement ; que Jésus s’est volontairement sacrifié sans attente de contrepartie.
    • Jésus s’est sacrifié dans le but d’offrir à ceux qui croiraient en son nom (Jésus = Sauveur) le pouvoir de devenir enfant de Dieu.
    • Il m’a fait me focaliser sur la mort de Jésus pour me détourner de tout ce qui arrive par sa résurrection.
    • Il m’a fait me focaliser sur le salut à obtenir par mes œuvres, pour accéder à une vie éternelle après la mort physique, alors qu’on est appelé à vivre cette vie éternelle de son vivant (c’est le témoignage vivant qu’on peut partager).
    • Il m’a fait me focaliser sur mon salut à mériter, ou à gagner, pour me détourner du salut en Jésus par lui. (En somme que j’ai déjà été sauvée par un autre).
    • Il m’a fait me focaliser sur mes œuvres, afin de me détourner de l’œuvre de Jésus, dans laquelle je me suis vue « intégrée par la foi ».
    • Il m’a fait me focaliser sur ma vie terrestre pour me détourner de la vie éternelle (la vie de l’Esprit).
    • Il m’a fait me focaliser sur la justice humaine avec ses propres notions de bien et de mal, pour me détourner de la justice de Dieu.
    • Il m’a fait me focaliser sur la connaissance du bien et du mal pour me détourner de l’arbre de vie.
    • Il m’a fait croire que j’avais besoin de disposer mon cœur pour accéder aux choses de Dieu, afin de m’empêcher de vivre naturellement cette vie spirituelle.
    • Il m’a fait croire que pour vivre une vie intime avec Dieu, il fallait être rigoureux dans les œuvres : La prière et la lecture de la bible.
    • Il a instauré en moi la notion de mérite, alors qu’il s’agit d’un don gratuit.
    • Il m’a focalisé sur de nombreuses actions pour me détourner de la foi.
    • Il m’a fait croire que Dieu agissait « sous conditions » et qu’il y avait une opposition entre sa justice et son amour.
    • Il m’a fait croire que Dieu pouvait me bénir ou me punir. En attribuant subtilement le mal à Dieu.
    • Il me fait avoir peur de dieu et me fait croire en un Dieu de jugement et de condamnation.
    • Il me fait croire que la sainteté de Dieu l’empêche de s’approcher de moi alors que Dieu nous connaît pécheur et que c’est la raison de sa venue.
    • Il m’a fait croire que la peur et l’obligation étaient compatibles avec l’amour.
    • Il m’a fait croire que le péché empêchait la foi.
    • Il m’a fait croire que l’intelligence humaine et les connaissances favorisaient la foi et la connaissance de Dieu.

Oui il m’a fait croire toutes ces choses et je l’ai cru. La liste est longue et n’a pas fini de s’agrandir, car je continue de découvrir les subtilités de ses mensonges à chaque fois que je découvre un peu plus la vérité. (C’est très important).

Tous ces exemples sont là pour souligner que pendant que je me sentais en sécurité dans mon église à respecter les pratiques religieuses, je ne me rendais pas compte que le diable était à l’œuvre pour m’éloigner de la vérité. Pour m’éloigner de Christ.

Le diable, donc l’accusateur, était souvent là pour me rappeler que je n’étais pas assez bien… Que je ne faisais pas assez d’efforts… pour m’accabler, me faire culpabiliser d’être pécheresse, d’être imparfaite, de ne pas être comme Dieu ; comme si on pouvait choisir de ne pas être pécheur ! Comme si on pouvait devenir Dieu…

Les faux enseignements

Le diable aime se cacher et agir subtilement ; il est rusé. Le diable attribue ses œuvres à Dieu.

Beaucoup de personnes religieuses ou non, attribuent le mal à Dieu et le bien aux hommes.

Le diable trouble autant qu’il peut notre vue de l’œuvre de Dieu. Il veut à tout prix nous éloigner de la vie spirituelle, car c’est hors de sa portée.

A travers un simple raisonnement tel que « je dois d’abord faire pour que Dieu puisse ensuite », on va à l’encontre de l’œuvre de Dieu, des principes de Dieu, de sa justice, et de « qui est Dieu ».

Pourtant j’ai pu croire le diable, tout en côtoyant des milieux religieux, la bible et des prédicateurs.

Toutes ces notions erronées n’arrivent pas toutes seules dans notre cerveau. Pour moi c’est le résultat d’une écoute attentive de faux enseignements pendant de nombreuses années. Par le biais de faux enseignants (même si certains sont de bonne volonté), ils véhiculent un faux message.

J’ai cru être dans la vérité en lisant la bible, en parlant de Jésus, de Dieu et de la foi… Mais je n’entendais jamais la vérité : Christ = La Parole, celle qui est spirituelle et qui s’écoute dans notre être intérieur.

Les faux enseignants sont en général toutes les personnes un peu trop zélées, qui pensent que leur position de prédicateur peut être justifiée par leur sexe, leur ancienneté, leur niveau de connaissances théologique, leur diplôme ou simplement leurs motivations ; alors qu’il est dit que seul celui qui est envoyé est d’abord appelé par Dieu. C’est donc Dieu qui donne des hommes et des femmes (Ephésiens 4 v 11).

On reconnaît un arbre à son fruit.

Je reconnais aujourd’hui que ma croyance en mes propres œuvres était un mauvais fruit. Je sais aujourd’hui que la foi est inaccessible au diable, et que par la foi on est lié à la vérité ; on est lié à christ, à sa Parole, à ce qu’il est, à la vie éternelle.

C’est ce « lien » qui nous intègre dans son œuvre. C’est la foi de Jésus qui nous Sauve (non pas d’aller en enfer mais de la condamnation de mort associée au péché ; et surtout Il nous délivre de la loi des commandements par laquelle le péché surabonde).

Les religieux revendiquent « ne plus être sous la loi » en visant celle de Moïse, mais respectent un régime équivalent en acceptant de respecter des règles pour espérer s’approcher de Dieu.

A l’église on était fier de dire qu’on n’était plus sous la loi, mais sous la grâce ; mais quand je vois ce qu’on pratiquait, j’estime qu’on devrait distinguer clairement la grâce et les œuvres.

 

La fausse justification

Pendant longtemps j’ai cru qu’en faisant des efforts je pourrais me détacher suffisamment du péché pour devenir juste devant Dieu. Ainsi j’espérais bénéficier de son accompagnement dans ma vie et surtout de sa protection et ses bénédictions.  Aujourd’hui je sais que tout ce raisonnement est faux et moisi de l’intérieur ; et ce pour au moins 6 raisons :

1 : Personne n’est capable de se détacher du péché, c’est notre nature humaine. Même les enfants à qui on attribue parfois l’innocence et la pureté, sont pécheurs. On naît et on meurt avec le péché en nous.

2 : Les efforts que l’on fait nous donnent l’illusion qu’on s’améliore. On en vient même à se croire meilleur que ceux qui ne pratiquent pas notre mode de vie. Dans ce cas, ce n’est pas la foi qui grandit, c’est juste notre orgueil.

Quand on ne se voit plus pécheur et qu’on peut s’auto satisfaire de nous-même, on n’a alors plus besoin du Sauveur. C’est comme si on se sauvait nous-mêmes. On se demande alors pourquoi Jésus a été envoyé sur la terre, qu’il est mort puis ressuscité…

3 : On croit que la justice de Dieu est liée à la qualité de nos vies, à la sainteté, alors qu’elle est uniquement liée à la foi : Abraham crut et cela lui fut imputé à justice (genèse 15v16). Le fait qu’il fut pécheur n’a pas entravé le fait qu’il avait la foi, ni que Dieu lui imputa sa justice.

Je reviendrais sur la justice de Dieu, qui n’est pas liée à notre condamnation mais à sa nature qui entraîne des principes dont celui « d’être vu juste par la foi ».

4 : On croit qu’en s’améliorant on favorise la foi, et donc qu’on mérite les bénédictions de Dieu qui vont avec.

Ce type d’exigence envers Dieu crée de la frustration et de l’amertume, car on s’attend à des bénéfices sur notre vie terrestre, alors que tout ce qu’on a reçu est de l’ordre des biens spirituels.

On passe ainsi à côté du lien d’amour et de reconnaissance qu’on éprouve naturellement quand on réalise que tout ce qu’on a reçu c’était en cadeau, gratuit, et qu’on n’a rien mérité.

5 : Dieu n’est pas là pour nous aider dans notre vie terrestre. Nous sommes là parce qu’il l’a voulu et pour qu’on vive de sa vie (la vie spirituelle, la vie éternelle). J’ai arrêté de prier 3 fois par jour avant les repas pour lui demander son aide et sa protection sur ma vie physique (la santé, un travail…).

6 : Ce n’est pas à nous de faire en sorte qu’il puisse être près de nous, car c’est Lui qui est venu pour qu’on soit EN lui. C’est faux de penser que la moindre chose puisse partir de nous pour aller vers lui, car TOUT vient de lui.

 

Ce que je retiens

Dans la bible il est dit que la loi fait abonder le péché et que son ministère produit la mort. Il est aussi dit que la lettre tue et effectivement, en essayant d’obéir à Dieu « à la lettre », ça m’a davantage conduit à une ambiance de mort spirituelle plutôt qu’à la vie en abondance, la liberté, la joie et tous les autres fruits de l’Esprit que l’apôtre Paul a cités.

A l’inverse je ressentais un mal être : Celui de ne pas être à la hauteur des attentes de Dieu qu’on m’exposait. J’obéissais aux règles que je croyais venir de Dieu ; mais son amour continuait d’être un mystère.

Je trouvais un réconfort dans la vie de l’assemblée, mais ce qui nous unissait était une chose extérieure (obéir aux mêmes règles), et non un vécu intérieur (la même foi en un autre).

Je disais que c’était l’amour de Dieu qui nous rassemblait et que Dieu nous aimait ; mais c’était théorique. Je considérais l’amour de Dieu comme un fait, auquel il fallait croire, et qu’un jour, ou peut-être au paradis, je finirais par le vivre vraiment.

Même si je n’avouais pas mes lacunes pour être une bonne religieuse, je savais en moi que je n’étais pas à la hauteur des exigences de la loi, et aussi qu’il devait exister un rapport d’amour à vivre avec Dieu (c’était la voix de Dieu en moi).

Je n’ai jamais pu étouffer cette voix qui me rappelait la vérité, et heureusement !  Car comme l’a dit l’apôtre Paul aux Galates (3 v 24) « La loi a été comme un pédagogue pour nous conduire à Christ, afin que nous soyons justifiés par la foi ».

Je devais donc passer par l’échec de ma justification, -par mes œuvres-, pour m’en remettre à Jésus qui est le seul capable de me justifier (par le moyen de la foi).

Si j’étais restée dans l’auto-satisfaction de mes actions religieuses et de mes capacités humaines, je me serais enterrée dans cette illusion d’être chrétienne et d’être sauvée. De plus, je baignerais dans l’hypocrisie, à diffuser les beaux principes d’une vie que je ne vis pas, tout en étant écrasée par des règles, des autorités et des doutes (très loin du repos en Christ ; et l’amour de Dieu serait resté un mystère).

Malgré mes échecs, je trouvais un certain confort à respecter les règles religieuses. Je considérais que mon investissement, mes efforts et ma bonne volonté me feraient quand même gagner des points auprès de Dieu. Par exemple, j’estimais qu’il serait sûrement moins regardant sur certains péchés au vu du bien que je faisais.

J’espérais que la balance pencherait du bon côté et que ça suffirait. Finalement je m’auto justifiais petit à petit grâce à mes œuvres. Je touchais presque le fond…

Pour ne pas essayer de troquer mes bonnes œuvres contre mon salut, j’aurais eu besoin qu’on me rappelle que :

  • Dieu seul est Saint.
  • Qu’il est aussi amour (Que c’est sa nature et qu’il ne choisit pas d’aimer selon certains critères)
  • Que les hommes sont tous pécheurs par nature (qu’il est impossible à l’homme de se sanctifier et qu’on n’est pas responsable de cet état). Que le salaire du péché, c’est la mort.
  • Que c’est parce que l’homme ne peut rien contre le péché que Dieu (Jésus) s’en est chargé (pour qu’on vive d’une vie éternelle et pas seulement notre vie terrestre).
 

La justice de Dieu

Pour comprendre l’œuvre de Dieu et le sens de la mort de Jésus sur la croix, il faut déjà savoir que la justice de Dieu est spéciale : L’un pèche (nous) mais c’est un autre qui paye (Jésus). Pour Dieu, c’est ça qui est juste.

Jésus, qui était sans péché, est allé volontairement mourir sur cette croix. Ainsi il a payé le salaire du péché qui est la mort.

« Il a effacé l’acte dont les ordonnances nous condamnaient et qui subsistait contre nous ; et il l’a détruit en le clouant à la croix » Colossiens 2v14

Après sa mort, Dieu l’a ressuscité afin de permettre à tous ceux qui se retrouvent en Christ d’accéder à une nouvelle vie : la vie de Dieu qui est éternelle, et qui se vit par son Esprit de façon invisible (c’est la même vie qui animait Jésus sur la terre et encore après sa résurrection).

Le péché et la mort sont entrés par un seul homme, puis ont atteint tous les autres. Avec Jésus c’est pareil mais dans le sens inverse : Par sa seule mort il paye pour tous, redonnant ainsi un accès pour tous à la vie éternelle (romain 5 v12).

Le lien qui nous associe à cette œuvre, c’est la foi, car c’est elle qui nous permet de croire à cette Œuvre divine magistrale, et ainsi de ne plus être faussement influencé par le menteur et ses serviteurs dévoués.

Ainsi c’est UNIQUEMENT en croyant en celui qui à accomplit cette œuvre, que l’on se retrouve à vivre de cette vie éternelle.

Avoir la vie de Dieu en nous (par son Esprit), ce n’est pas le résultat d’une obéissance ; ce n’est pas une récompense ; c’est une résultante de la foi qui est le lien entre l’homme et Dieu (qui est la vie).

Lorsqu’on a cette foi, bien qu’étant pécheur, on est vu juste par Dieu. De plus, étant unis à Jésus par la foi, la condamnation de mort qu’il a déjà reçu ne nous atteint plus, mais la vie éternelle par laquelle Il vit, on la reçoit aussi. Ce qui fait que malgré la mort de notre corps (qui demeure le fruit du péché sur la terre) nous vivons en parallèle de notre vie humaine, une vie qui est de Dieu et qui ne mourra jamais vu qu’elle est éternelle.

On ne peut rien faire contre cette justice, ni rajouter une méthode d’obéissance à des bonnes pratiques ; ni essayer de s’améliorer (comme si on pouvait humainement se détacher du péché) ; ni se sanctifier (par de sombres embrouilles pour mériter de recevoir sa vie) ; ni y contribuer humainement, car on est seulement intégré dans cette œuvre (qui est déjà accomplie).

Bref, on ne peut rien faire pour améliorer ce qui a déjà été fait et qui est parfait, même si notre orgueil aimerait bien n’avoir besoin de personne pour être sauvé. Cet orgueil qui sans cesse voudrait atteindre le même niveau de puissance que Dieu, mais sans Dieu.

« Je voudrais que Dieu me donne la capacité de me sauver moi-même »…

Avant d’entendre ce message et d’y être sensible, il m’a fallu tout de même passer par une dernière expérience religieuse.

 

Chapitre 4 : La goutte d’eau chez les darbystes

 

En parallèle de ma quête d’authenticité qui grandissait, je rencontrais celui qui allait devenir mon mari et par lequel l’expérience religieuse a continué de se diversifier. A l’extrême opposé de ce que je vivais dans les milieux charismatiques, mon mari a grandi dans un mouvement religieux évangélique traditionaliste, voire conservateur : Les Darbystes (ou église de frères).

N’habitant pas dans la même ville, nous nous retrouvions les week-ends. Quand c’était chez lui (chez ses parents, à Lyon), nous allions dans son église (darbyste) ; et quand il venait chez moi (à Orléans), nous allions dans l’assemblée que je fréquentais sur le moment (il a pu suivre mon évolution !)

Nous avions donc de quoi comparer nos « croyances et pratiques religieuses ». Cela entraînait souvent de longues disputes à coup de versets bibliques, défendant chacun les actions et mode de vie à mener pour plaire à Dieu et être un bon chrétien.

De mon point de vue, il s’agissait de respecter la liste des pratiques religieuses déjà citées.

De son côté, l’application littérale des textes déterminait assez évidement « les choses à faire », avec un accent prononcé sur les rôles distincts des hommes et des femmes dans l’assemblée.

 

Les pratiques religieuses des darbystes

 

Elles sont proches des églises évangéliques classiques, avec quelques spécificités : La tenue vestimentaire du dimanche (plutôt chemise pour les hommes et robe pour les femmes, avec voile sur la tête).

Il n’y a pas de pasteur mais il y a des bancs, devant, réservés aux hommes qui peuvent enseigner. Les femmes sont derrière et ne prennent jamais la parole pendant le culte (ni pour prier oralement, ni pour annoncer un chant).

Les chants sont dans un ou deux recueils précis et sont rarement accompagnés d’instruments.

Au centre du culte et systématiquement, il y a la sainte cène : Le rappel de la mort et de la résurrection de Jésus ainsi que le partage du pain et du vin. Cette pratique est réservée à ceux qui sont reconnus dignes de cette communion dans cette assemblée ou qui ont été recommandés par d’autres assemblées de frères. Ce sont les anciens qui déterminent ceux qui peuvent ou non prendre la cène.

Ça m’avait choquée de ne pas pouvoir prendre la cène lors de mes premières visites. Dans les milieux religieux que je connaissais, tous ceux qui se considéraient chrétiens pouvaient y participer (même les catholiques).

Encore une fois je me retrouvais mise à l’écart et classée au rang des chrétiens « inférieurs », (cette fois à cause de la dénomination de l’église que je fréquentais). J’ai ouvertement critiqué ce procédé que je trouvais élitiste, et je les confrontais au fait qu’ils n’étaient pas bien placés pour juger de ma foi. Malgré nos divergences d’opinion, mon beau père est intervenu et j’ai finalement été autorisée à la prendre (bien que la communion religieuse n’était effectivement pas complète).

Après avoir participé à plusieurs cultes, j’ai remarqué qu’il y avait une succession d’ambiances presque organisées : D’abord le recueillement (en silence) ; puis la tristesse de la mort de Jésus (en priant sur un ton grave) ; puis arrive la joie de la résurrection (on chante fort).

Cette régularité était assez pesante pour moi, qui côtoyais en parallèle un milieu charismatique plus spontané. J’appréciais les moments de convivialités chaleureux après le culte ; j’aimais l’amitié et le fait qu’ils s’invitent beaucoup à manger.

Les darbystes alimentent des rapports quasi exclusifs entre eux : Les familles qui composent ces assemblées y sont souvent depuis plusieurs générations. Il n’est pas rare d’y côtoyer des familles entières.

Du coté de mon mari, l’intégralité de ses oncles, tantes et cousins sont de ce milieu (même si quelques-uns s’en sont éloignés). J’ai participé à différents mariages qui regroupaient les mêmes invités, car les unions entre même famille sont assez communes (en évitant la consanguinité bien sûr). Les liens familiaux et leurs relations quasi exclusives entre membres favorisent la qualité de leurs rapports. J’y ai découvert beaucoup de bienveillance et d’attention les uns pour les autres, c’est un réseau qui s’auto suffit.

Mon expérience chez les darbystes

J’avais déjà l’habitude de l’obéissance dans mes précédents milieux religieux, mais j’ai découvert chez les Darbystes la rigueur et l’ordre. Chaque pratique a été pensée, établie et organisée de façon perfectionnée.

Au-delà des codes religieux techniques, ils ont aussi des rôles distincts entre hommes et femmes. Par exemple j’ai ressenti qu’en tant que femme je devais respecter une certaine attitude de calme, de discrétion et d’obéissance (pas vraiment ma personnalité ; d’ailleurs mon silence aurait été sûrement plus apprécié).

Pour moi c’était une nouvelle forme d’autorité, avec des paroles douces mais toujours très tranchées, voire sévères. Exposer d’autres pratiques religieuses n’était pas vraiment bienvenue, et le fait d’exprimer un avis critique sur leurs pratiques a entraîné des tensions qui ont fini par altérer les relations avec certains membres, en particulier avec ma belle-famille qui a une certaine notoriété dans cette église.

Lorsqu’on est convaincu qu’il faut obéir à Dieu en respectant les ordonnances de la bible, on devient exigeant et autoritaire face à ceux qui manifestent de l’opposition. On raisonne « comme si c’était de notre devoir de chrétien de rendre les contestataires plus obéissants à ce qu’on estime être la volonté de Dieu ». Comme si Dieu voulait « développer son harem de serviteurs soumis par la force », alors qu’en réalité ce qu’il recherche ce sont « ses enfants qu’il attire par le cœur« .

Malheureusement il y a certains « zélés » qui veulent à tout prix servir Dieu sans être gêné d’utiliser quelques violences ou quelques entraves à la liberté individuelle. Comme dans mes précédents milieux religieux, j’ai retrouvé chez les darbystes certains hommes qui croyaient que c’était de leur devoir de m’inculquer ce que je devais croire et faire.

Les darbystes m’ont explicitement encouragé à respecter leurs pratiques religieuses alors que j’étais contre.

« Fais-le, même si tu n’y crois pas ».

Voilà comment en une phrase on place l’obéissance avant la foi.

Pour eux, les pratiques religieuses sont universelles, et ne doivent pas dépendre de notre bonne volonté pour les appliquer.

Ce principe était contraire à la « voix en moi » qui me poussait à « croire avant de faire ». Alors, malgré les conflits que ça entraînait, je maintenais mon opposition.

Dans ma belle-famille j’étais toujours bien accueillie, mais je sentais planer un sentiment fort de désapprobation. Tout le monde avait beau faire des efforts et soigner les apparences, le problème de fond nous empêchait de vivre harmonieusement ensemble, car en fait il s’agissait de mon opposition à devenir une adepte du darbysme.

Chez les darbystes il y a les “frères“ ; (ceux qui se retrouvent dans les assemblées de frères et qui respectent les pratiques enseignées) ; et il y a tous les autres.

Je percevais comme une anomalie d’intégrer une famille darbyste sans devenir une « membre de leur assemblée ».

En effet, toute leur organisation et leurs rapports convergent autour du fait d’appartenir à cette grande famille de « frères », d’où la complexité des rapports à adopter avec un membre de la famille qui n’est pas vraiment de la « famille religieuse. Pire : Qui ne veut pas le devenir.

Pour la première fois de ma vie je me retrouvais à la place des gens avec lesquels il fallait être gentil, tout en conservant une certaine distance car je représentais le désordre, la désobéissance et peut-être aussi la mort.

Mon mari et moi avions tous les deux une confiance quasi aveugle dans les Pasteurs/Frères qui enseignaient dans nos assemblées. Lorsque l’un de nous touchait un point sensible pour lequel nous n’avions pas de réponse, nous allions auprès de nos savants respectifs chercher les arguments. De mon côté j’avais en stock beaucoup de connaissances et d’arguments provenant de mes dernières années de questionnements.

De leur côté, les darbystes étudient rigoureusement les écritures. Leur arsenal théologique étant à la hauteur du mien, nous nous retrouvions souvent bloqués avec chacun nos croyances qui reposaient sur une « logique respectable » et des arguments solides car bibliques.

Nous restions donc en désaccord.

Je n’étais pas à l’aise avec l’idée qu’il puisse coexister plusieurs vérités qui s’opposent, mais je ne pouvais pas non plus affirmer que ma vérité était la bonne, car mes convictions intérieures étaient fragiles. J’acceptais donc que nous soyons en désaccord sur des points de doctrine et que chacun devait pouvoir vivre librement selon ses propres convictions.

 

Mon appel

A partir d’un même livre (la bible), on peut faire dire ou faire croire tout et son inverse, d’où la coexistence des nombreux courants religieux chrétiens sous diverses dénominations et la très grande diversité des croyances et des pratiques associées.

J’ai toujours entendu et cru que les textes bibliques étaient « la parole de Dieu ». D’ailleurs on appelait la bible « La parole de Dieu » ou “la sainte bible“. D’où cette logique qu’en suivant les textes du livre on ne pouvait qu’obéir à Dieu.

Mais un jour j’ai compris que « la parole est spirituelle ». Ca m’a chamboulée intérieurement.

J’ai compris que « la vérité » était contenue dans les écritures, mais de façon invisible, et qu’il était donc impossible de se saisir du sens de la volonté de Dieu en lisant la bible littéralement.

Je commençais alors à saisir que la vie de foi que Dieu nous appelle à vivre n’est pas d’ordre intellectuel, mais d’ordre spirituel.

Quelques temps plus tard, j’ai eu à cœur de distinguer ce que je connaissais de Dieu (intellectuellement) et ce que je croyais vraiment intérieurement.

Ce fut un constat plutôt triste d’admettre qu’au fond je n’avais aucune réelle conviction sur Dieu et que ma vie intime avec lui était inexistante.

J’étais pourtant capable d’énoncer ses principes, étaler des connaissances religieuses… mais même en respectant les ordonnances bibliques et en m’infligeant un mode de vie stricte, je n’accédais pas à la relation vivante présentée dans les écritures entre Dieu et sa création.

En ne comptant que sur mes forces humaines pour « essayer de lui plaire », je ne parvenais pas à développer la vie intérieure, la vraie vie de Dieu.

J’avais depuis longtemps décidé d’étouffer cette petite voix qui me demandait : « Mais toi, qu’est-ce que tu crois vraiment » ?

En fait je l’avais étouffée cette petite voix, au profit de la connaissance et de l’obéissance, car ça me paraissait plus fiable et plus sécurisant. Mais lorsque cette voix est revenue et que j’ai pu répondre que toutes ces connaissances et que tous ces efforts n’avaient pas fait grandir ma foi, ce fut la goutte qui fit déborder le vase.

Finalement tout ce que je voulais mais que je n’avais jamais atteint c’était : Une vie en paix avec Dieu, une relation intime avec lui et la connaissance intérieure de son amour. Une véritable vie de foi.

Heureusement que ma contribution était inefficace, car c’est Dieu seul qui a cette capacité de donner la vie. Il était temps que j’abandonne mes forces et que je lui laisse toute la place.

 

Chapitre 5 : La fin de la religion

 

J’ai vécu alors un genre de « burn-out religieux » ou overdose de cette vie chrétienne complètement morte.

J’ai donc arrêté toutes mes actions (de toutes façons infructueuses).

J’ai quitté tous mes groupes religieux ; je n’allais plus à l’église ; je ne priais plus, je ne lisais plus la bible, je ne faisais PLUS RIEN.

En fait j’étais en train d’abandonner cette sorte de combat qui n’était de toute façon, pas le combat de la foi, mais le combat de l’homme qui veut se rapprocher de Dieu.

Je m’abandonnais alors à ce que j’imaginais être « la mort« , alors qu’en vérité et sans le savoir je m’abandonnais pour la première fois à la vie !

A travers « la religion chrétienne », j’avais appris que si je ne plaisais pas à Dieu ou si je ne lui obéissais pas, je risquais la mort et l’enfer. Pourtant, malgré cette « crainte de Dieu » qui m’avait animée dans cette sorte « d’action » du service chrétien toutes ces années, j’étais arrivée à un stade ou obéir aux pratiques religieuses semblait la dernière chose à faire.

Contre toute attente, je fis le choix d’écouter cette petite voix intérieure et d’arrêter d’obéir à cette religion, tout en sachant le risque auquel je m’exposais.

Je reconnais aujourd’hui que cette force d’abandon n’était pas humaine, car pour supporter le poids de toutes les menaces qu’on m’avait enseigné sur Dieu, il fallait qu’une force supérieure me soutienne et me pousse à y résister.

Finalement, cette petite voix n’était pas si faible !

Je reconnais aujourd’hui dans la religion, l’esprit du malin qui essaie de nous faire croire que l’homme a besoin de l’homme pour atteindre Dieu.

Je crois que si les hommes sont si attachés au fait d’obéir, de servir et de faire des efforts humains, c’est qu’ils y sont encouragés intérieurement et de mille façons.

Pourtant Dieu attend seulement qu’on se repose sur lui car la foi seule suffit. C’est l’adversaire qui pousse l’homme à croire en lui au lieu de croire en Dieu.

Après avoir abandonné toutes les pratiques religieuses, il ne restait en moi que ces 2 points :

  • La pensée que si Dieu voulait me récupérer, c’était à Lui de venir me chercher et qu’il était le seul à pouvoir le faire.
  • La crainte de Dieu qui s’était formée à mesure des années et des messages enseignés.
    • Certains l’appelaient « la sainte crainte de Dieu », car cette crainte poussait à obéir.
    • Tout ce dont j’avais essayé de me protéger jusqu’à présent en m’organisant un environnement propice, pouvait désormais m’atteindre : L’enfer, les malédictions, la mort…

En arrêtant de croire en mes capacités et en mes connaissances j’ai en réalité arrêté de « croire en moi ».

Alors…

Alors que je croyais m’abandonner au néant et à la mort, en fait je m’abandonnais à la dernière personne qui me restait (et pas des moindres) : DIEU.

Je peux dire aujourd’hui que c’est l’Esprit de Dieu qui m’a permis « de m’abandonner ». Ce n’est pas humainement possible de s’abandonner à Dieu.

J’ai reconnu l’Esprit d’abandon de l’Agneau, le même Esprit qui animait Jésus lorsqu’il partait volontairement mourir sur la croix, bien que le cadre et les circonstances ne fussent pas du tout les mêmes.

Ce fut le jour où, selon mes connaissances, je croyais abandonner la foi, qu’en fait je commençais à la vivre !

Enfin !

 

La foi

Si l’on revient à la première liste des pratiques religieuses et qu’on y cherche la foi, on regardera le point qui fait référence à : Croire que Jésus est le Fils de Dieu, qu’il est mort sur la croix pour nos péchés, qu’il nous aime, etc…

Le jour de mon baptême, j’ai d’ailleurs annoncé ce qu’on appelle la profession de foi : « Je crois que Jésus est le Fils de Dieu…etc“

Toute ma vie j’ai associé la foi au fait de « croire » en ces quelques phrases et en l’existence d’un Dieu tout puissant qui a créé la terre.

Aucun religieux, même pas moi, n’avait envisagé que je puisse demander le Baptême si ce n’était pas « par la foi ». Personne n’envisageait qu’on puisse se mettre au service d’un Dieu en respectant la bible, si ce n’était pas par la foi.

D’une manière plus générale on associe tout ce qui tourne autour de la religion chrétienne, à de la foi (un peu par défaut).

Puisque tout le monde était d’accord sur ma foi comme base valable, on pouvait alors passer à la suite : « Aux œuvres » (et s’y attarder !)

Toutes ces années j’avais été trompée ; j’appelais « foi » tout ce qui reposait sur mon obéissance et mes œuvres, pour plaire à Dieu par mes propres forces ; alors que la foi c’est tout l’inverse !

La foi chrétienne c’est s’en remettre entièrement en Un Autre !

Il y a une grande différence entre un adepte et un croyant : C’est la vie de Dieu.

Dans l’obéissance il n’y a pas besoin de vie, vu que dans ce cas c’est l’obéissance qui est la vie, le « moteur ».

D’une manière générale on peut forcer quelqu’un à obéir à des « règles », mais on ne peut pas forcer à « croire » selon la définition de Dieu : Croire en Lui c’est vivre.

Par exemple : « Celui qui croit en moi a la vie… La vie éternelle, déclare Jésus.

Il n’y a pas d’effort ici.

Croire en Dieu ou en Jésus n’est certainement pas un effort !

Si on se force c’est que ce n’est pas naturel en nous.

Je pense qu’on ne devrait pas « faire des efforts » pour essayer de correspondre à notre idéal. Serait-ce le bon, d’ailleurs ? Je pense qu’on devrait simplement s’en remettre à Celui qui nous transforme intérieurement, de façon à ce qu’on suive naturellement, sans se forcer, l’esprit en nous qui nous pousse au bien.

Au moment de mon baptême, il y eut comme un amalgame entre ce que je ressentais et ce que je devais faire :

  • Quelque chose m’attirait vers Dieu. Il m’aurait suffi de suivre ce qui découlait naturellement de cette « foi ».
  • Mais on m’a appris à respecter des règles pour souligner mon engagement personnel avec Dieu.

Finalement, le jour où J’AI décidé (moi) de m’engager pour Dieu et de lui accorder ma vie à travers mon Baptême, c’était MA décision humaine et ce n’était pas de la foi.

D’ailleurs si ça avait été « par la foi », je n’aurais pas eu besoin de m’améliorer ; ou d’essayer de plaire à Dieu ; ou d’essayer de lui être utile.

Non je n’aurais pas eu besoin d’obéir aux « pratiques religieuses » ; j’aurais simplement suivi ma foi, qui elle est intérieure.

En rejetant la religion et toutes ses pratiques, je revenais, sans le savoir, à la foi initiale qui se concentre sur la vie intérieure.

J’étais en train de m’en remettre à Celui qui dit : « Venez à moi vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos ».

C’était exactement mon cas ; j’étais usée par toutes ces règles, mes efforts, la diversité d’interprétation des textes et l’absence de conviction…

Du repos, j’en avais vraiment besoin. On trouve le repos lorsqu’on se sait dans un plan déjà tout accompli, et j’allais bientôt le découvrir, puis le vivre.

A cette période je ne pouvais plus me fier à ma « connaissances des écritures » car celle-ci était pervertie par l’intellectualisme. Je ne supportais plus aucune autorité, en particulier masculine, après avoir été malmenée par des hommes convaincus de mieux savoir que moi, ce qui était bon pour moi et prêt à me l’imposer par la force, soi-disant pour mon bien.

J’étais tellement mal remplie que j’avais l’impression d’être totalement vide. Je ne supportais plus les enseignements, ni qu’on me dise quoi penser et quoi faire pour plaire à Dieu. Je ne le savais pas encore mais tout ce dont j’avais besoin c’était vivre EN Dieu (et pas avec Dieu, ni près de Dieu).

J’étais assoiffée de la vérité : Celle qui s’exprime dans le cœur et pas dans la tête.

La religion contre la foi

Pour mon entourage religieux, le simple fait de ne plus aller à l’église était signe d’égarement (comme si la présence des membres ou du pasteur pouvait me garder près de Dieu… Comme si le fait d’avoir écouté leurs enseignements toutes ces années m’avait conduit à la foi véritable…).

Les religieux, toutes dénominations confondues, assistaient complètement démunis à ce qu’ils appellent « ma chute », c’est à dire l’éloignement d’un chrétien de l’église, et donc pour eux bientôt l’éloignement de Dieu.

Le dernier maillon qui me rattachait à l’église, c’était les week-ends du côté de mon mari chez les darbystes. Pour limiter les conflits, j’ai continué un temps de les accompagner dans leur assemblée (c’était très pénible). Les darbystes ont aussi une liste de points spécifiques à respecter rigoureusement.

Comme chaque courant religieux ils ont leurs propres pratiques. Leurs enseignements établis depuis sûrement plusieurs générations n’ouvrent pas la porte à la moindre remise en question.

Chaque pratique est admise, et tout ce qu’on nous demande c’est d’y adhérer et de s’y conformer. (Comme si de cette « unité des pratiques » dépendait l’unité de l’Eglise et l’unité de l’esprit. Comme si l’Esprit avait besoin qu’on l’aide à maintenir son unité.)

J’avais accepté un temps de m’y conformer, mais je n’étais désormais plus encline à m’adapter à la moindre pratique. Je n’étais pas une de leurs adeptes et je ne voulais et ne pouvais plus faire semblant d’en être une.

J’avais dépassé l’étape de comparer les pratiques et de parlementer sur la doctrine. Tout ce que je voulais c’était qu’on respecte ma liberté de croyance et qu’on ne m’impose aucune pratique, quel que soit l’argument.

Or, dans cette assemblée, l’unité de l’Eglise prime sur la conviction individuelle, comme si l’unité apparente de l’église via les pratiques communes, prévalait sur les convictions personnelles qu’on vit intérieurement.

On m’a demandé de respecter les « pratiques », même si je ne comprenais pas pourquoi, car dans ce cas je le faisais par amour… (Comme si on pouvait ordonner d’aimer ainsi que la façon dont mon amour doit s’exprimer).

Commencèrent alors de lourds affrontements pour tenter de me faire revenir à la vie chrétienne, telle que je la pratiquais jusqu’à présent (comme si c’était le véritable moyen de rester sur « le chemin étroit qui mène à la vie »).

J’étais considérée comme une pauvre enfant insolente et perdue qu’il fallait raisonner par tous les moyens, et des moyens divers j’en ai vu passer :

– « Pense à tes parents qui t’ont tant apporté »…

– « Pense à tes amis dans l’église avec qui tu as grandi »…

– « Pense aux anciens et aux malades, fais leur plaisir »…

– « Qu’est-ce qu’on t’a fait pour que tu nous rejette » ? (Médaille d’or au chantage affectif !)

Ce fut une période d’une violence extrême ; mais plus leurs efforts s’intensifiaient, et plus j’étais désolée de leur état. Je voyais la force qui les animait et qui les aveuglait.

La foi qui est pourtant annoncée comme la base du croyant, paraissait soudain loin derrière. Loin derrière l’aspect visible de la vie chrétienne.

J’observais à quel point l’apparence était plus importante que le fond : Le vécu intérieur et les convictions personnelles.

Ce que j’entendais au travers de leur insistance à me faire revenir dans les pratiques religieuses ressemblait à ceci : « Tu serais plus à ta place si tu faisais semblant de vivre intérieurement cette vie chrétienne (semblant de vivre par la foi). « 

Cette fois encore, avec du recul je vois l’Esprit de Dieu qui m’a protégée de cette pression forte dont ont usé les pasteurs et les membres de nos familles, pour essayer de nous « raisonner ».

Je me sentais sur un roc, la pluie est tombée, le vent a soufflé mais la maison ne pouvait pas s’effondrer. J’avais de la peine mais aucun argument théologique ou sentimental ne pouvait étouffer ce qui vibrait au plus profond de moi : La voix de Dieu.

Quelqu’un pourrait penser que c’est mon engagement passé qui m’a finalement conduite à vivre cette vie de foi, mais c’est faux.

La foi est un don gratuit de Dieu, il n’y a rien que l’homme puisse faire pour la mériter ni pour la faire grandir.

Contrairement à ce qu’on m’enseignait, la foi n’a pas de taille, donc ça n’a pas de sens de demander à Dieu de faire grandir la foi en nous. La foi c’est seulement le lien, et sa valeur réside dans le fait qu’elle nous lie à Jésus.

Ce qu’il y a de grand dans tout cela, c’est LUI.

La foi n’aurait pas autant de valeur si elle ne nous liait pas à Jésus.

La foi en tant que « lien entre la créature et le Créateur », n’a donc pas de « niveau ».

On n’est pas plus ou moins attaché à Jésus. Soit on est relié à Jésus par la foi et on a tout, soit on n’est pas lié ou relié à Jésus.

En revanche, on peut être plus ou moins affermi dans cette foi, en fonction de notre vue spirituelle des choses. Plus cette vue se précise, plus on découvre christ et plus on est transformés à son image.

Au cours de notre vie on évolue dans ce rapport, mais c’est toujours via le même canal qu’est la foi.

Finalement ce n’est pas le canal qui se modifie, ni Jésus, mais nous !

J’ai eu du mal à saisir pourquoi cette quête d’authenticité suscitait autant d’agacement de la part de ceux pour qui ces pratiques déterminent la vie chrétienne naturelle…

En effet, beaucoup se justifiaient (alors que je ne parlais que de mon expérience). Puis j’ai compris qu’à travers ma remise en question de ces pratiques, c’est toutes les pratiques que je remettais en question indirectement.

Certains religieux trouvaient que ma démarche était noble et que tous les croyants devraient passer par cette remise en question pour identifier l’origine de leurs pratiques ; mais en fait c’était surtout pour pouvoir appliquer avec plus de convictions ces mêmes pratiques….

Je peux dire, pour moi, que ce qui m’a poussée à respecter ces pratiques religieuses si longtemps, c’est que :

  • C’est ce qu’on m’a toujours enseigné, et comme j’avais confiance dans les anciens, j’ai donc obéi (par culture sans doute).
  • C’est parce que c’est ce que j’ai « lu » dans la bible. Alors je croyais que c’était ce que Dieu attendait de moi (par obéissance)
  • En le faisant, j’espérais que Dieu me bénirait (par intérêt).
  • Je ressentais en moi une pression qui me poussait à continuer (par séduction de l’adversaire).

Pendant toutes ces années j’ai confondu la foi et les œuvres, et ce n’est pas anodin car dans les assemblées on entend d’un côté que c’est la foi SEULE qui sauve, et de l’autre qu’il faut ajouter les œuvres à sa foi.

On accorde ainsi autant de crédit aux paroles de Jésus qu’aux paroles de Pierre. Et c’est normal quand on considère que les écrits de la bible sont « la parole de Dieu », on est forcément amené à assembler des messages pourtant contradictoires.

– Pourquoi accorde-t-on un crédit naturel à ceux qui ont suivi « physiquement » Jésus ?

– Pourquoi associe-t-on si facilement la foi à ceux qui pratiquent les œuvres religieuses ?

– Pourquoi les éléments visibles prennent autant de place, alors que Dieu a placé la valeur dans une chose invisible : Croire !

Comme la foi est une notion vague dans les églises, on s’attache alors aux œuvres, sans se rendre compte qu’elles prennent la place de la foi.

Je n’avais aucune attache sur « la foi », et encore moins sur « la foi seule ». Je connaissais les définitions bibliques, bien sûr, mais ça restait un sujet mystérieux.

Je n’avais jamais envisagé que par la foi en Dieu il n’y ait AUCUNE œuvre à faire.

Finalement, ceux qui opposaient le plus de résistance dans cette quête d’authenticité et de vérité, ce sont les religieux. Ils n’arrivaient pas à saisir ma démarche, ni mes motivations intérieures.

Nos discussions étaient stériles, car nous utilisions les mêmes mots mais avec des sens différents.

Les mots ne suffisaient pas pour exprimer ce que je vivais de fort en moi intérieurement, et qui me poussait forcément à rejeter ce qui se réfère à « l’apparence ».

Dans la culture populaire on entend principalement parler des « croyants pratiquants » (ceux qui vont à l’église et respectent les pratiques religieuses), et aussi des « non pratiquants » (ceux qui ne croient pas vraiment mais qui s’attachent aux traditions en respectant quelques pratiques).

Dans ma position de « croyante qui ne respecte pas les règles religieuses », je n’entre pas dans l’une de ces cases. C’est assez troublant pour la plupart des gens, mais je les amène à distinguer la foi de la religion. (Même les religieux ont des difficultés à envisager ce concept de croyant non religieux).

Nous étions un petit groupe de 5 personnes à avoir trouvé un peu de vérité dans nos cœurs qui s’opposait à celle qu’on présente dans les églises.

Nous avons alors découvert que nous n’étions pas les seuls…

 

Partie 2 : Ma nouvelle vie.

Chapitre 1 : La vie invisible

Le groupe de Perpignan et d’ailleurs !

Un jour, avec mon mari, nous avons pris contact avec un drôle de monsieur (JeanP) à qui nous avons succinctement parlé de notre parcours. Il nous a demandé ce que l’on cherchait.

Nous avons répondu : La vérité !

A son tour il s’est présenté en disant qu’il avait reçu un « message à transmettre » ; qu’il ne l’avait ni choisi ni étudié, mais que sans l’avoir voulu ni cherché, Dieu l’avait « choisi » pour le diffuser. C’est-à-dire qu’il n’avait rien cherché de lui-même.

Il nous a précisé qu’il se limitait à présenter le message et qu’il n’imposait rien à personne.

J’en ai connu des charlatans qui se disaient investis d’un « ministère divin », mais c’était la première fois que j’en entendais un qui ne nous imposait pas de le croire (ni lui, ni son « message »), mais qui laissait à Dieu la mission qu’on s’en saisisse par la foi.

Les milieux religieux se défendent souvent de détenir la vérité, oubliant que la vérité c’est Jésus et que c’est Lui qui nous détient, Lui et sa propre Vérité !

Ce groupe est composé d’une vingtaine de personnes, une partie habite Perpignan et l’autre vient des 4 coins du monde.

Par curiosité nous avons participé à une de leur « rencontres » pour nous faire un avis.

Nous étions assez naturellement sur la défensive, vu nos expériences passées, et en même temps nous sentions une certaine liberté.

Nous n’avions pas peur qu’on nous force à rester avec eux sous couvert de l’argument « n’abandonnez pas vos assemblées », qu’on avait souvent entendu dans les milieux religieux.

La forme des rencontres est plutôt inhabituelle : Tout se fait par ordinateur via Webex (un logiciel qui permet de se connecter à plusieurs simultanément en vidéo).

Le rendez-vous est à 15 h pour concilier les différents fuseaux horaires, et si c’est le dimanche qui est choisi, c’est uniquement pour s’adapter aux activités professionnelles des gens et permettre à un maximum d’être présents. Rien à voir avec le traditionnel culte du dimanche matin car « jour du seigneur ».

Le jour du seigneur c’est tous les jours dans ce groupe ! D’ailleurs il n’y a pas de rencontre systématique tous les dimanches, c’est au besoin, selon l’Esprit.

Pas non plus d’organisation cérémoniale du genre : 30 min de chant, 20 min de prière et 15 min de prédication. C’est une forme ouverte où tout le monde s’exprime librement (même les femmes !), comme dans n’importe quelle conversation.

On sait à quelle heure on se retrouve, mais on ne sait jamais à quelle heure on termine (ça peut durer 2 h, 4 h, 6 h… selon le sujet).

Au centre de la rencontre, il y a le message qui est majoritairement présenté par JeanP.

Ce sont des passages de la bible qu’on lit, mais au lieu de s’attacher aux mots écrits, on distingue ce qui est écrit « entre les lignes » : L’Esprit qui est derrière la lettre et qui lui donne la Vie, à cette lettre. (Évidemment ce n’est pas notre cerveau qui est censé être sollicité dans ce cas).

Pas besoin d’être cultivé, ou intelligent, ou brillant, pour se saisir du contenu du texte. C’est même plutôt l’inverse car les choses de Dieu sont pour les petits.

Autour du message, il y a les interactions des uns et des autres (les questions, les réactions, les précisions, les témoignages…).

On est souvent interrogés pour donner son point de vue : Préciser si on a compris, si on est d’accord ou non, si on le vit ou non, si ça nous plaît ou non.

Jean finit souvent en disant : « Voilà, j’ai dit ce que j’avais reçu précédemment dans ma communion avec Dieu ».

Il sait que ce n’est pas à lui ni à nous de « vivre » ou de « faire vivre » le contenu du message donné.

C’est Celui qui donne le message qui pourvoit aussi à la « vie du message » (Dieu qui est Esprit et Vie).

Cette vie peut s’exprimer différemment en chacun. Selon la maturité personnelle dans la foi, on voit avec une vue plus ou moins large.

J’ai eu mes premières bouffées d’oxygène au contact de personnes très humbles. La plupart étaient comme nous : Rescapés de milieux religieux dans lesquels ils n’avaient pas trouvé ce à quoi leurs cœurs aspiraient. J’ai vu qu’il y avait une vraie liberté et une vie intérieure simple et naturelle.

A 30 ans, j’ai l’impression d’être revenue d’une guerre qui ne m’a pas épargnée. Je me sens en convalescence et prête à vivre enfin la vraie vie.

Je grandis dans Sa paix, et même s’il y a encore une lutte en moi, j’ai déposé les armes.

Je découvre celui qui EST et en qui je suis. Non par mes propres efforts, mais grâce à ce que Jésus est en moi.

Je désapprends beaucoup et ça m’allège ! C’est inimaginable la quantité de notions qu’on intègre et qui nous éloignent subtilement de la foi.

J’aime voir la balance s’inverser : Ce n’est plus moi qui œuvre pour vivre, mais c’est l’œuvre de Dieu qui me fait vivre. Galates 2.20

J’apprécie la compagnie de ces personnes qui aiment la vérité et qui ont à cœur de la partager.

Au contact de ce message je réalise le contraste qu’il y a encore entre Dieu et moi. Mais par la foi j’ai un penchant naturel à le préférer – Lui- !!!

Voilà ce qu’est pour moi la vraie repentance. Celle qui s’appuie sur la « bonté de Dieu » et non sur sa fureur ou Sa crainte !

Je découvre aussi en moi les cheminement anciens et mensongers, enfouis profondément depuis longtemps, et dont je ne suis pas responsable.

J’apprends maintenant à vivre dans la « vraie liberté », sans contraintes ni obligations, juste en suivant la vie qui est en moi et que j’aime.

Rencontre avec mon être intérieur

Chez les charismatiques, j’avais appris que la présence du saint esprit se traduisait par des choses surnaturelles et spectaculaires. Mais j’ai connu l’esprit de Dieu dans une ambiance beaucoup plus douce et surtout plus intime.

J’ai d’abord tendu l’oreille à la « petite voix qui parlait en moi » pour me ramener dans la vérité et l’authenticité de mes croyances. Puis j’ai commencé à discerner Dieu avec mes yeux intérieurs ; j’ai commencé à entrevoir certains principes qui LE définissent en tant que « Personne ».

Avant de donner quelques exemples, je voudrais préciser que cette nouvelle vue des choses de Dieu se fait « très progressivement » et surtout elle se fait « intérieurement ».

Ce n’est pas une « connaissance intellectuelle de ce qu’Il est », mais le produit d’une « rencontre ».

Ce que je découvre de Lui, je le vis intérieurement. Souvent ça me fait du bien. Ce que je vois en lui me permet de Le connaître ; et plus je le découvre, plus je suis attirée pour en découvrir davantage.

C’est Lui qui m’attire ; je ne le décide pas ; ça se passe naturellement dans mon cœur.

Avant je considérais la bible comme un regroupement d’histoires, d’ailleurs dans les milieux religieux on les présente dès l’enfance comme telles (Noé avec les animaux, Moïse avec la mer…).

Aujourd’hui je sais que tous ces textes ont une portée spirituelle et nous parlent de Dieu Lui-même, de ses principes, de son royaume.

Sans cette compréhension spirituelle et intérieure des textes, on passe à côté du vrai sens de la vie et de Dieu. C’est l’esprit de Dieu qui traduit ces textes en une « parole vivante » qui parle et stimule notre être intérieur.

C’est après avoir vu Dieu à travers les textes bibliques avec ce « nouvel œil » que j’ai compris le sens de la « nouvelle naissance ».

J’ai découvert que j’étais née de nouveau quand j’ai réalisé qu’une nouvelle forme de vie se développait en moi et me permettait d’accéder à une relation vivante avec Dieu.

Je sens qu’un nouvel être se développe en moi, avec des sens et une compréhension propre des choses.

Cette vie, je l’ai reçu entièrement. Je n’ai pas à la faire grandir, comme je l’entendais souvent avant : « Il faut faire grandir sa foi pour laisser plus de place à Dieu »…

La foi, c’est le lien divin entre Dieu et nous. De plus il s’agit de la foi de Jésus.

C’est son esprit en nous qui nous permet d’être lié à Dieu et qui nous rattache à sa vie.

Ce qui grandit, c’est notre vue de ces choses ; ça se fait dans le temps, comme la progression d’un bébé à sa forme adulte (il y a la même vie dès le début ; c’est seulement l’être qui s’affermit).

D’ailleurs ce que je vois de Dieu pour l’instant c’est un peu comme un nouveau-né qui ne distingue que des formes, et pourtant il reconnaît ses parents.

Je n’ai rien fait pour accéder à cette nouvelle vie, c’est Dieu qui a « soufflé cette vie en moi ».

C’est par son esprit que je vois et comprends le sens caché des écritures.

C’est par son esprit que je peux le connaître et le reconnaître.

Tout ce que je fais, -moi-, c’est d’aimer ces choses ; c’est d’être attirée par Dieu. C’est en désirer davantage.

C’est sous ce rapport naturel et d’amour que se développe ma relation avec Dieu, loin des obligations et des « choses à faire ».

Je ne suscite ni n’alimente rien ; tout vient de lui. Il ne me reste qu’à vivre ces choses et à me laisser guider par elles.

C’est d’abord parce que j’apprends à connaitre Dieu que je peux l’aimer, contrairement à l’ordre d’aimer Dieu qu’on m’infligeait avant, alors que je ne le voyais pas.

C’est impossible d’aimer Dieu sans le connaître ! C’est impossible de connaître Dieu sans son esprit. C’est impossible de vivre les choses de l’esprit hors de nos cœurs.

Je réalise qu’Il fait bien les choses. Ce que nous ne sommes pas en mesures de faire par nos propres efforts, il le fait, – lui.

Il nous fait don de Son Esprit pour nous animer de Sa vie, qui elle est éternelle.

Par ce lien de la foi et de l’Esprit qui vient toujours avec, on peut le connaître comme un père.

A travers cette relation d’amour spirituel, on est alors transformés à son image (de l’intérieur vers l’extérieur). Et c’est ainsi que notre témoignage vivant peut toucher d’autres personnes, privées malheureusement de ce à quoi elles ont droit, quand celles-ci ont la foi.

Ma nouvelle vue de la Justice et de l’amour de Dieu

  • Ma nouvelle vue de la justice de Dieu

Avant je voyais la justice de Dieu comme une loi tranchante qui pouvait condamner, je l’associais aux « lois humaines » qui sont des codes qu’on applique (souvent pour punir avec sévérité).

Mais aujourd’hui j’ai compris que la justice de Dieu est liée à ce qu’Il est – Lui, c’est-à-dire Jésus.

Contrairement à ce que je croyais, il ne peut pas sauver et condamner en même temps.

Pour être précis, Dieu ne condamne jamais. Je parle bien ici de « condamnation » en tant que telle.

Il ne fait que sauver, non pas parce qu’on le mérite ou parce qu’il le veut bien, mais car c’est ce qu’il est : Sauveur. C’est Son Nom. (Traduction de Jésus c’est « Sauveur » ou « Dieu Sauveur »).

Sauveur c’est ce qu’Il est ! Allez donc Lui demander de faire ce qu’Il n’est pas !

Quand on parle de « sa justice », il faut aussi en parler en tant que ce qu’Il est : Justice, (et non « Justicier »).

La justice de Dieu est toujours en notre faveur, plusieurs exemples de la bible le souligne : Lorsque Jésus est mort sur la croix pour nos péchés, il est dit qu’il a été « fait justice ».

Contrairement aux principes humains qui ont tendance à faire payer le coupable, la justice de Dieu fait que « lorsque nous étions coupables c’est lui qui a payé ».

Ce principe selon lequel Dieu prend sur lui nos fautes, ce n’était pas une exception le jour de la mort de Jésus sur la croix, c’est au contraire un principe éternel qui repose sur ce qu’il est.

On ne peut pas faire autrement que ce qu’on est. Nous sommes pécheurs « par nature » et Dieu est « sauveur par nature ».

Autre exemple plus subtil de la justice de Dieu et que j’adore : Celui de l’ouvrier qui est arrivé pour travailler à la onzième heure et qui a reçu le même salaire que ceux qui ont commencé à travailler dès la première heure.

D’un point de vue humain, on est face à une injustice flagrante selon notre vision du mérite et de l’équité. Mais la justice de Dieu fait que celui qui travaille pour lui 1 h, reçoit autant que celui qui est là depuis 12 h.

Je précise que ça ne veut pas dire que Dieu veut qu’on travaille pour lui ! L’exemple donné est pour nous focaliser sur la bonté du maître.

C’est seulement si on a connu le rejet sur la place publique pendant 11h, qu’on peut apprécier celui qui veut bien de nous tels qu’on est.

Et quand on est confronté au fait qu’il a tellement à offrir, qu’il donne pareil au premier et au dernier arrivé, on réalise la valeur du maître.

C’est seulement quand on se voit être cet ouvrier de la onzième heure, qu’on peut ressentir et apprécier celui qui représente le maître !

Cet exemple souligne le fait que nos principes humains peuvent vraiment s’opposer aux principes de Dieu (ici ce que l’homme considèrerait injuste Dieu le voit juste).

Humainement, on considère que le pécheur est coupable, mais pour Dieu on peut être pécheur et juste en même temps. On est justifié par la foi, bien qu’étant toujours pêcheur.

Ces quelques exemples montrent la différence qu’il y a entre les choses telles qu’elles sont devant Dieu et comment ces mêmes choses sont considérées par les hommes.

Je dirais que plus souvent qu’on ne le croit, nos principes humains sont opposés à ceux de Dieu. D’ailleurs il est fait mention dans la bible que la « sagesse humaine est une folie pour Dieu » et vice-versa. Ça souligne le décalage qui existe entre ce qui est de l’ordre de l’humain et du spirituel (et inversement).

Lorsque j’ai vu Dieu avec ma nouvelle vue et que j’ai compris le sens véritable de sa justice, ça m’a fait du bien, ça m’a rassurée. Je suis passée d’un regard méfiant envers Dieu à un regard admiratif. J’ai réalisé que sa bonté est vraiment supérieure à la mienne. Le fait que ce soit en plus sa nature me fait envisager l’abondance avec laquelle il la distribue, car c’est tout ce qu’il sait faire en fait.

En le voyant tel qu’il est réellement ça m’a attirée vers lui et je pense que ça a contribué à améliorer notre relation.

Plus je découvre Dieu tel qu’il est vraiment, avec ses principes et comment Lui voit les choses, plus je suis attachée à la vérité, et plus je me sens en paix.

Je me sens aussi moins vulnérable aux attaques du diable et de ses ouvriers, qui profitaient de mon ignorance sur Dieu pour me tromper et me maintenir captive de mensonges presque permanents.

Je comprends mieux pourquoi Jésus a dit : « cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice et tout le reste vous sera donné en plus ».

Car lorsqu’on apprend à voir les choses telles que Dieu les voit, et quand on le voit tel qu’Il est, ça nous rassure et ça nous transforme.

Quand la différence entre Lui et nous est mise en valeur et qu’on fait le constat que c’est lui le meilleur, on est attiré par le meilleur, on l’envie.

Quand on voit sa lumière, c’est comme si elle reflétait sur nous. Alors, petit à petit, on commence à vivre selon ses principes à Lui. Je trouve ça très beau, car alors sa lumière qui passe à travers nous, elle éclaire les autres et ils sont à leur tour attirés par cette lumière.

  • Ma nouvelle vue de l’amour de Dieu

Avant je voyais l’amour de Dieu comme une « récompense à obtenir », je l’imaginais surtout se manifester pour les « bons chrétiens » qui obéissaient bien aux pratiques religieuses. J’associais cet amour à des bénédictions pour la vie physique ; comme la santé, la sécurité, la prospérité… Bref une vie humaine confortable sur terre qui aboutirait à une vie confortable au paradis.

J’estimais que la finalité de l’amour de Dieu, c’était moi.

Malheureusement pour mon orgueil, j’ai découvert que l’amour de Dieu nous pousse vers les autres. Car Dieu, dans son amour, s’intéresse aux pécheurs, aux perdus, aux faibles, aux rejetés…

Quand on est animé par Dieu, on est aussi animé par son amour qui nous pousse à chercher l’intérêt des autres.

Individuellement on est bien sûr importants pour Dieu, car il est le genre de berger à laisser tout son troupeau pour aller chercher la brebis perdue. Mais c’est surtout que son objectif c’est de rassembler tous ses enfants (je n’ai pas dit adeptes ou serviteurs ou religieux, j’ai dit enfants).

Pour le connaître en tant que père, il faut passer de la dimension humaine (intellectuelle), à la dimension spirituelle. C’est dans notre être intérieur qu’il se fait connaitre.

J’imagine qu’on ne fera jamais le tour de l’étendue de l’amour de Dieu, mais pour l’instant moi je le découvre. Ce n’est pas à travers les grandes preuves qu’on entend souvent à l’église, que j’ai saisi cet amour (comme Jean 3 v 16 ou le sacrifice de Jésus sur la croix).

J’ai vu son amour, ou plus précisément j’ai ressenti et vécu cet amour dans des choses simples:

  • A travers la relation que j’ai avec mon mari et le lien d’amour qui existe entre nous, j’ai mieux compris les parallèles avec les couples dans la bible : L’époux (Dieu) et l’épouse (l’Eglise, les croyants), le rapport d’Adam avec Eve, le cantique des cantiques. J’ai réalisé que l’amour que je vis avec mon mari, est une sorte d’extrait de l’amour de Dieu.
  • Quand je vois la force du lien d’amour d’un parent pour son enfant, je ne peux pas m’empêcher de voir un rapport avec l’amour que Dieu a pour nous.
    • Si l’amour qu’on vit sur terre n’est qu’un tout petit aperçu de l’amour de Dieu, c’est qu’il doit être vraiment grand.

Avant je pensais que l’amour c’était un caractère humain, car on le retrouve chez tous les hommes. Mais maintenant je l’attribue à Dieu.

Je pense que tous les hommes ont cette capacité d’aimer qui leur vient de la nature de Dieu qui se trouve en chaque homme. Je pense que ce lien fort n’est pas humain, d’ailleurs on ne le maîtrise pas. Ça paraît humainement naturel d’aimer ce qui nous fait du bien et d’apprécier l’amour, mais je pense que c’est plutôt un reste de notre naturel divin. Peut-être que lorsqu’on est attirés par ce qui nous fait du bien, c’est notre amour pour Dieu qui s’exprime.

J’imagine qu’avec mon regard humain perverti par le péché, j’altère la version réelle de l’amour de Dieu. Mais je sais que j’ai la capacité de découvrir intérieurement cet amour, le seul endroit où on peut le connaitre (Dieu/ l’amour) c’est dans son cœur.

J’ai encore du mal à rattacher l’amour à la nature de Dieu, car je le vois encore trop selon ma version humaine, qui peut varier. J’ai du mal à imaginer que ça puisse être une constante chez Dieu, et à imaginer la conséquence de cette constante ; mais j’ai hâte de le découvrir davantage.

J’aime entendre les discours des gens sur comment chacun a vu l’amour de Dieu dans sa vie. Il y a beaucoup de diversité, c’est personnel et ça dépend des sensibilités. Comme Dieu est généreux, il y en a pour tous les goûts.

Avant je considérais l’amour de Dieu comme un « élément extérieur à recevoir ». Maintenant je constate que je suis inclue dans cet amour. Tout ce que je reçois ou partage en amour je l’attribue à Dieu. Je me sens donc inclue dans un amour très vaste qui transpire au travers de moi dès que je ressens de l’amour pour les autres, surtout quand il s’agit de mes ennemis.

  • J’ai aussi été sensible à l’amour de Dieu à travers la parabole du fils prodigue : Après avoir quitté la maison familiale et dilapidé son héritage, le fils retourne chez son père.
  • Humainement on voudrait appliquer notre vision de la justice avec notre équité rigide : On l’aurait sermonné et recueilli sous un statut moins méritant.
  • Mais le père (qui est l’image de Dieu) le recueille avec joie et lui offre une fête pour son retour. (Très intéressante la réaction du frère qui réagit avec jalousie envers son frère et colère envers son père).

Cette fois encore, c’est seulement le fils  » perdu » de retour à la maison, qui a pu éprouver la joie et l’accueil de son père. C’est lui qui sera marqué par la nature de son père (celle-ci est devenue flagrante dans cette situation).

Ce fils prodigue peut apprécier à leur juste valeur les cadeaux qu’il reçoit, alors qu’il estimait ne rien mériter ; alors que son frère qui estimait mériter ces choses, se retrouve contrarié et amer envers ce même père.

Et nous, quel enfant sommes-nous lorsqu’on voit les bontés de Dieu se déverser sur n’importe qui ?

Je pense qu’on aime les principes de Dieu quand on en est bénéficiaires, et qu’on les aime moins quand c’est pour en faire bénéficier les autres. Il serait de toute façon impossible à l’homme d’appliquer la justice de Dieu avec sa nature humaine.

Si Dieu me demandait aujourd’hui « est-ce que tu m’aime ? Est-ce que tu veux vivre selon mes principes ? Je serais exposée à une opposition en moi : D’un côté l’Esprit, qui me fait apprécier ces choses, et de l’autre ma chair qui ne veut surtout pas se sacrifier pour les autres.

A une époque je me serais accusée d’être égoïste et j’aurais fais des efforts en donnant de mon temps pour servir les autres. Aujourd’hui je le vois comme un constat. Effectivement une partie de moi m’empêche de vivre la vie de Dieu, mais c’est l’esprit de Dieu qui lutte pour gagner du terrain.

Ce n’est pas à moi de mener ce combat.

La chair et l’esprit

Face à certaines situations, je constate qu’il y a eu un changement en moi : Certaines choses qui m’attiraient avant ne m’attirent plus, comme la volonté de plaire à Dieu ou l’intention de faire des efforts pour m’améliorer.

Face à certaines personnes contrariantes, je constate que je suis davantage dans la compréhension que dans le jugement, contrairement à avant.

Ces changements sont presque passés inaperçus, car c’est mon intérieur qui a changé, sans que je fasse le moindre effort.

Je pense que c’est Dieu qui a gagné des batailles en moi ! Par ces victoires je peux vivre naturellement de sa vie. Puisque c’est lui qui agit en moi, ça ne me demande aucun effort.

Ce n’est pas agréable pour la chair d’envisager un futur décentré de soi, mais je trouve que c’est important de se demander si les objectifs de Dieu sont aussi les nôtres : Rassembler ses brebis.

Ne plus chercher humainement la volonté de Dieu

A une époque, j’attribuais à la volonté de Dieu tout ce qui arrivait dans ma vie. Si c’était positif je me sentais bénie, et si c’était négatif j’estimais qu’il voulait m’apprendre quelque chose ou me punir.

Face à certains grands choix de vie j’étais bloquée par la peur de me retrouver hors de la volonté de Dieu. C’était oppressant car j’avais beau prier pour recevoir une indication précise, je ne recevais rien, même pas un petit signe. En général je finissais par choisir ce que je préférais en espérant que ça coïncide avec la volonté de Dieu.

C’était un peu hypocrite de dire que je cherchais sa volonté car souvent je savais très bien ce que je préférais pour moi, et je m’y engageais. Je pense qu’on est tous animés par des motivations centrées sur nous-même et ça nous arrangerait bien que Dieu les approuve.

À l’extrême opposé, face à certaines décisions importantes, je me retrouvais bloquée de peur de déplaire à Dieu. L’idée de passer à côté de la volonté de Dieu m’effrayait tellement que je préférais ne rien décider. Je restais alors dans l’incertitude et le doute. Je demandais parfois conseil auprès de religieux affermis pour me décharger de la trop lourde responsabilité de faire des choix. L’approbation et le soutien de Dieu étaient un besoin mais seulement pour ma sécurité.

Avec du recul, j’ai réalisé que cette quête de sécurité reposait sur la peur de l’échec, la peur de Dieu et de son jugement en cas de désapprobation. J’avais l’idée superstitieuse que si mes choix correspondaient à la volonté de Dieu, la réussite serait assurée (et surtout mon confort personnel).

Aujourd’hui je distingue :

-la fausse recherche que j’avais de la volonté de Dieu sur mes choix humains, terrestres et liés à la vie charnelle.

-Et la volonté de Dieu dans le monde spirituel

Par rapport à ce que Dieu me fait connaître de lui, je n’ai plus cette pression de devoir prendre chaque décision de ma vie terrestre en cherchant son approbation.

Par rapport à ce que j’ai vu de lui je ne crains plus une punition qui viendrait de Dieu.

Je ne suis plus dans la crainte de l’échec et je ne l’associe plus à la désapprobation de Dieu.

Malgré tout ce que Jésus m’a montré de lui, il y a encore mes anciennes pensées apprises dans la religion qui reviennent et qui cherchent à me détourner de la vérité.

Je sais que Dieu est présent quelles que soient les situations de ma vie (positives ou négatives). Ça ne veut pas dire qu’il est à l’origine de mes moindres décisions mais je ne m’accuse plus du fait d’être influencée par 2 forces opposées. Et je sais qu’il ne va pas me rejeter ou m’abandonner en enfer si j’ai le malheur de ne pas l’écouter.

Parfois et même souvent je suis plus attentive à la voix charnelle qui ne contient pas la vie de Dieu. En suivant mes envies égoïstes ça m’apporte du confort et de la satisfaction.

Car effectivement, il y a une partie de moi à qui ça plaît beaucoup : ma chair.

Je découvre qu’en moi se développe un autre être qui a d’autres envies que celles de la chair, c’est les envies de Dieu qui sont plutôt tournées vers les autres.

Il y a une lutte en moi face à ces désirs opposés. J’ai conscience qu’en moi, une autre voix vient parfois étouffer la voix de Dieu. J’ai appris que l’esprit de Dieu est toujours bien disposé mais que ma chair est faible. Je ne m’en accuse plus et surtout je n’essaie plus de lutter par mes forces humaines contre ma chair.

Parfois je réalise que je prends plaisir à écouter la voix de Dieu mais parfois elle agit sans même que j’en sois consciente. C’est ce que je trouve beau dans l’œuvre de Dieu, on n’a pas à se forcer, on est transformé intérieurement de sorte à ce que ça (re)devienne naturel pour nous d’écouter la voix de Dieu. Dans ce cas on prend plaisir à vivre ce qui est de Dieu en nous.

On m’avait appris à l’église que la volonté de Dieu pouvait s’appliquer dans un métier plus qu’un autre, ou dans un choix de maison spécifique, et tous les sujets matériels.

La volonté de Dieu n’a aucun rapport avec les pratiques humaines extérieures.

Sa volonté c’est que nous croyions au fils et que nous soyons sauvés.

« La volonté de mon père, c’est que quiconque voit le fils et croit en lui ait la vie éternelle » Jean 6v40.

Le seul moyen d’être dans la volonté de Dieu c’est d’être en lui, d’être animé par son esprit et vivre ses principes.

C’est plus ou moins avoué mais certains métiers sont reconnus plus nobles comme médecin et infirmiers et d’autres au contraire peuvent être moins bien vu comme banquier ou coiffeur.

Evidemment ceux qui font ses métiers estimés “plus glorieux“ peuvent y prendre plaisir et s’y épanouir mais ce qui me gêne dans ce principe c’est d’accorder par défaut l’approbation de Dieu sur des éléments extérieurs. Se dire qu’en s’occupant des faibles ou des malades on fait forcément la volonté de Dieu c’est négliger un point essentiel de Dieu : sa vie (qui se vie intérieurement).

Je le répète, aucune action extérieure ne nous permet de nous rapprocher de Dieu. Chercher humainement à plaire à Dieu en espérant renforcer le lien avec lui est un combat perdu d’avance.

Dieu n’est pas dans le service, il n’est pas dans l’action de devoir faire le “bien“.

Avant je croyais que si j’étais bénévole dans une association caritative, ou dans ce genre de projet, j’étais par défaut dans l’approbation de Dieu.

Aujourd’hui je sais qu’il y a plein de motivations sombres pour vouloir faire le “bien“ (l’orgueil, la reconnaissance, la superstition qu’en le faisant on peut gagner des bénédictions…).

On ne peut pas juger les motivations des gens car c’est caché en eux, mais Dieu les connait.

Je constate que mes actions sont parfois motivées par des intérêts personnels. Je ne peux rien faire d’autre que le constater. D’ailleurs j’éprouve une certaine reconnaissance à en être consciente et à discerner que les actions que j’estime bonnes ne correspondent pas forcément à la volonté de Dieu.

De même, une parole ou une action qui me semblerait anodine peut en réalité toucher quelqu’un, car Dieu connait les besoins cachés de chacun.

A l’église on me poussait toujours à faire le “bien“, selon des critères extérieurs établis, sans se soucier de mon être intérieur, alors que c’est ce qui compte pour Dieu.

 

Ecouter la voix de Dieu : La parole

 

J’ai appris à distinguer mes voix intérieures. Il y a celle de Dieu qui est douce et qui attire, et il y a celle de l’accusateur qui oblige et condamne. Je ne suis pas immunisée contre la voix du diable, je pense que toute ma vie il sera là à roder, mais je reconnais celle de Dieu, c’est celle que je veux suivre car j’ai reconnu qu’elle me fait du bien.

J’ai découvert des merveilles par la foi. A présent je distingue le fait de lire avec de nouveaux yeux les Ecritures inspirées ; et surtout le fait de VOIR par la foi.

C’est une vraie vie qu’on est appelés à vivre en Dieu, et non pas à apprendre ses histoires et ses actions pour les imiter. J’ai été attirée par Dieu, comme séduite par Lui-même ; par ce qu’Il est. On ne doit pas l’aimer par obéissance, car c’est un lien d’amour naturel qui se crée à mesure qu’on le découvre. Comme avec son mari ou sa femme.

Je n’ai rien eu à apprendre. Lorsque j’entends la vérité, il y a comme un écho en moi qui atteste que c’est vrai. Comme si je connaissais déjà cette vérité dans une partie de ma nature, mais qu’une autre partie de ma nature la recouvrait (la partie charnelle qui est pervertie par le péché).  Je peux reconnaître la vérité car je suis née de la vérité par l’évangile.

J’ai été créé par Dieu à sa ressemblance avant même ma naissance physique. C’est cette nature spirituelle qui s’est comme réveillée (ma nouvelle naissance), et qui me permet de vivre dans le spirituel, d’être spirituelle et de discerner la parole de Dieu (comme Jésus l’a dit : « Mes brebis entendent ma voix »).

Ce n’est pas une voix qui accuse comme le tonnerre et qui effraie en te jetant face à la dure vérité qu’est l’état de ton cœur. Ce n’est pas une voix qui condamne comme sur le mont Sinaï. La voix de Dieu est douce, elle montre la vérité sans l’imposer, sans condamner à mort, comme un feu qui ne brûle pas. On est attiré par cette voix, c’est la montagne de Sion.

Lorsque Dieu « reprend », c’est avec Grâce et Vérité. J’ai été reprise de nombreuses fois, lorsque je découvrais que des notions auxquelles je croyais étaient fausses. A chaque fois, je me suis sentie aimée et j’ai été reconnaissante d’être sortie du mensonge.

Dès lors que j’entends cette voix (la vérité), la force qui m’attachait au mensonge disparaît. Alors tout mon être est attaché à cette vérité et décide de la suivre : (La vérité, c’est Christ). J’ai alors trouvé un trésor et tout le reste je peux enfin l’abandonner : Le mensonge et tout ce qui s’y rattache. Je n’ai pas à me forcer, car c’est par contraste que mon cœur s’attache à de nouvelles choses, et ça change naturellement ma vie.

Avant je croyais l’inverse : que le changement de ma vie allait changer mon être intérieur. Pendant longtemps je me suis auto fixée l’objectif de naître de nouveau, mais c’est humainement impossible.

L’homme ne peut RIEN faire pour s’approprier l’Esprit de Dieu et le faire vivre en lui.

C’est Dieu qui s’offre à nous. On ne fait que bénéficier de la vie qui va avec. Comme un bébé qui vient de naître et qui vit sans l’avoir décidé ni voulu.

Le péché, notre nature

J’aurai toujours le poids du péché en moi qui me pousse au mal, et je sais que c’est le cas pour nous tous.

Je n’ai plus honte de mes imperfections, c’est ma nature.

Je ne cherche plus à camoufler mes mauvais aspects, ni à mettre en valeur les bons.

Je ne cherche plus l’approbation des hommes (religieux ou non) et je n’ai besoin d’aucune règle à respecter pour vivre la vie de Dieu.

Quand on voit Dieu, ça nous change (ce n’est pas à nous de nous changer).

Quand on discerne par la foi comment Il est, nos cœurs sont naturellement attirés vers lui et c’est ça l’amour à vivre ; c’est différent de « l’obéissance religieuse ».

On m’a tellement focalisée sur le péché et l’idée que mes péchés m’éloignent de Dieu, mais aujourd’hui je sais que c’est faux.

Je sais que Jésus est venu justement car il connaissait mon état. Il sait que je n’ai pas choisi cette nature de péché, qu’elle est en tous malgré nous.

Il ne nous condamne pas à cause de notre péché, au contraire. C’est Lui qui est venu jusqu’à nous pour nous englober dans son Œuvre : il a vaincu le péché sur la croix et a accompli tout ce qui avait besoin de l’être.

Alors tous ceux qui annoncent qu’il faut ajouter des œuvres à notre foi, c’est qu’ils ne connaissent pas Dieu. Et à cause de ça, ils présentent une version de son royaume où tout est inversé : La grâce devient du mérite, l’amour devient de la soumission, le naturel devient des règles à suivre, la vie devient la mort.

Aujourd’hui je me vois incluse dans une œuvre, et même si j’ai encore tendance à me regarder avec mes péchés, je suis fermement attachée à Celui qui a vaincu le péché.

Quand je le regarde Lui, je vis d’une autre vie. Une vie intérieure, la vie d’un esprit qui me permet de comprendre et de voir autrement.

C’est une vie douce qui attire et qui transforme délicatement. C’est la voix qui, lorsqu’on entend la vérité, nous stimule intérieurement et on se dit « oui, c’est vrai ». La foi est comme une épée qui nous fait distinguer le petit trop où le petit manque qui transforme la vérité en mensonge.

Ça fait du bien de pouvoir être honnête sur son état :

  • Oui, on est pécheur,
  • Oui, notre orgueil et notre cerveau veulent souvent participer à l’œuvre de Dieu en nous,
  • Oui, on est loin d’être comme Jésus,
  • Oui, notre nature humaine nous pousse à faire l’opposé de ce que Jésus ferait…

MAIS bonne nouvelle, Jésus est venu pour les malades atteints de cette maladie : Les pécheurs, donc NOUS !

Lorsque par la foi on voit christ, ses principes divins et éternels, on peut voir par contraste ce que l’on est, et nos limites. Ce contraste nous pousse à nous en remettre à Dieu pour qu’il nous anime de sa vie et que progressivement elle nous transforme.

Sans cette vue spirituelle des choses charnelles et divines, je m’attendais à un sauveur de mes tracas terrestres. Je n’avais pas saisi que Christ n’est pas de ce monde, et que la vie qu’il nous appelle à vivre en lui n’est pas liée à notre vie physique.

Je comprenais mal l’utilité d’un sauveur, et je trouvais normal de m’impliquer dans la résolution des problèmes humains.

Quand je sens en moi la force du péché qui me pousse au mal, je le prends comme un constat.

Parfois j’y résiste, parfois non. Je ne cherche pas à m’améliorer ni à faire le bien pour essayer de plaire à Dieu.

Je dis simplement à Dieu : « Je constate que le péché en moi me pousse à faire ce mal, je n’aime pas cette chose en moi ». Puis je laisse à Dieu le soin de me transformer pour que le mal perde sa force et que je sois libre pour le bien.

Et quand je vois le bien et que je le trouve bon, il y a une forme de gratitude naturelle. Alors je me sens bien et je sais que j’aime Dieu car je sais que ce bien en question, c’est Lui.

Pour moi, un chrétien ce n’est pas un super humain qui se perfectionne ou se sanctifie, mais c’est un humain capable de se voir tel qu’il est et qui croit en un Autre : Jésus.

Le devoir de plaire à Dieu est parti. J’ai laissé cette contrainte extérieure qui pesait sur moi.

Aujourd’hui je me sens libre d’être qui je suis en mal et en bien.

Je ne résiste plus au mal par mes forces humaines ou ma volonté humaine.

Lorsque j’identifie ce mal en moi, je sais que je suis victime et vulnérable face à lui. C’est le combat de Dieu, je le lui laisse.

Je reste face à ce mal, je fais le constat d’échec de ma chair et je m’en remets à Dieu.

Abandonner

 

Même si ce n’est pas son souhait pour nous, Dieu nous laisse nous confronter à notre mauvaise nature. Il ne peut pas nous forcer à vivre sa vie. Il nous laisse libres de suivre nos voies mais il connaît l’issue.

Avant je redoublais d’efforts et je persévérais par la chair. J’essayais de dominer le péché en moi. Aujourd’hui, ma nature humaine essaie parfois de lutter, mais je sais que le salut se trouve dans la foi « en un Autre ».

Quand je suis à bout de force, j’arrive enfin à affronter la réalité : que je suis limitée ; et enfin je m’en remets à Dieu. Je partage avec Lui ce constat et comme je le connais, je sais qu’il va me prendre dans ses bras. Je sais qu’il va m’envelopper de son amour et éteindre cette fausse lumière qui était en moi et que j’ai vue grâce au contraste avec la vraie lumière.

J’ai appris que Dieu ne condamne JAMAIS. Au contraire, il a compassion de nous car il nous aime. (Psaume 103).

Il sait bien qu’on est victimes du péché et du mal. Tout ce qu’il veut c’est nous en délivrer. Tout ce qu’il veut, c’est qu’on se décharge sur Lui car il a déjà payé pour nos péchés.

A l’église, on ne m’avait jamais appris à abandonner, à m’en remettre à Dieu. On m’avait seulement appris à prier pour lui demander de soutenir mes forces humaines ou lui demander d’agir sur un sujet humain. Mais Dieu agit en nous, avec son Esprit.

Je ne comprenais pas la mort de la chair, ni ce qui faisait référence à la mort pour vivre la nouvelle naissance. J’en avais peur.

Maintenant que je le connais, je ne peux qu’encourager les autres à arrêter de se battre, car c’est humainement impossible de combattre le péché. La victoire sur le péché se trouve dans son « abandon ». Non par la chair mais par la foi.

Simplement dire à Dieu : « Voilà, j’ai vu ce mal en moi, je sais que c’est le péché et je n’en veux pas ».

Sans avoir vu qui est Jésus par contraste avec ce que nous sommes, nous ne serions pas en mesure de distinguer le mal en nous : le péché.

C’est grâce à ce contraste que je peux discerner que je préfère la Vie.

Sur le moment c’est désagréable d’être déstabilisé, de sentir comme un conflit ; mais c’est ce qui souligne la victoire déjà acquise par Christ.

Il m’arrive de ressentir ce mal, souvent envers les autres, et ça crée une lutte. Une partie de moi refuse de le vivre et préfère y résister en faisant semblant d’être gentille, alors qu’au fond j’ai juste envie d’être méchante.

Être transparent, c’est avouer ce qu’on est ; non pas de laisser exploser cette haine, mais oser dire : « C’est vrai, j’ai cette haine en moi, c’est une partie de moi qui n’est pas reluisante mais c’est ce que je suis ». Souvent on n’a pas envie d’être le mal qu’on est, et Dieu le sait.

Quand on admet ce constat, on a fait le plus dur. C’est le coup fatal sur la chair et sur l’orgueil, qui voudrait seulement souligner le bon en nous.

Il ne faut pas avoir honte de notre état. Il ne faut pas essayer de le cacher en espérant que nos bons côtés prennent le dessus. Quand un fruit a une partie moisie, on ne le retourne pas du côté agréable pour le manger en entier. On s’attache à la partie moisie qu’on délimite et qu’on enlève avant de consommer le fruit.

Et bien avec le péché en nous c’est pareil. Quand on voit le moisi en nous, au lieu de tourner les yeux, il faut le regarder bien en face, l’identifier, et dire à Dieu ce qu’on voit, et qu’on n’en veut plus. En somme, reconnaître qu’avec nos forces humaines ou notre volonté, c’est peine perdue et le laisser à Celui qui a déjà vaincu le péché.

Lorsqu’on s’en remet à Dieu alors vient la guérison, le soulagement, la délivrance. Quand on est libéré du poids de ce mal ça fait vraiment du bien. Pas besoin de se forcer à dire merci, la joie dans notre cœur exprime naturellement notre reconnaissance à Celui qui nous a sauvé du mal. Cette joie dans le cœur c’est un parfum agréable à Dieu mais on peut quand même dire merci si on veut !

Avant, je croyais en un salut unique et plus ou moins définitif ; mais aujourd’hui je sais que ce salut, j’en ai besoin à chaque fois que Dieu me montre la nature du péché en moi.

Heureusement, il ne va pas nous accabler et nous écraser en montrant tout d’un coup. C’est au cours de la vie qu’on est amenés à constater ces choses en nous et à les remettre à Dieu.

Il y a des victoires rapides et d’autres longues mais ce qui compte, c’est l’école de la foi. A la fin de notre vie, on ne sera toujours pas débarrassé du péché en nous, par contre on aura toujours la foi.

Ce lien avec Dieu ne peut pas être rompu, même pas par le diable, même pas par la mort du corps. Ce lien, cette vie, sont des choses éternelles.

 

La lumière plus forte que les ténèbres

Comment s’en remettre à quelqu’un qu’on ne connaît pas ? Si on nous présente Celui qui sauve comme celui qui condamne, on ne risque pas de s’ouvrir à lui.

D’où l’importance de l’enseignement qui vise à présenter Jésus tel qu’il est vraiment, la nature du royaume de Dieu et sa justice qui acte que celui qui croit vivra.

Tant que j’étais dominée par la peur de Dieu, j’étais bloquée par méfiance envers lui. Mais quand on m’a parlé de Jésus et que j’ai vu avec mon cœur qu’en fait je pouvais avoir confiance en Lui, tout a changé.

Ce n’est pas JeanP qui m’a montré Jésus, c’est Jésus qui s’est montré à moi au travers des études, des échanges et des « messages ». Cette petite voix en moi que je connaissais peu, attestait de la vérité dès qu’elle se présentait.

Cette vérité se manifeste intérieurement par une vie, c’est dur à décrire, c’est une voix intérieure qui atteste. C’est la vie de l’esprit en moi qui fait ce travail.

Je n’ai pas à favoriser un environnement spécifique, juste à écouter et voir par l’Esprit.

Ce n’est pas systématiquement lors de chaque rencontre, et ce n’est pas uniquement avec JeanP.

On ne voit pas tous les mêmes choses au même moment, mais c’est le même Esprit qui anime la vie en nous. Ça se passe selon la vie de l’Esprit, et on ne sait pas d’où il vient, ni où il va, mais on le sent. Je n’ai pas besoin de réserver un temps dans ma semaine pour essayer d’écouter Dieu.

Parfois, dans la vie quotidienne, j’entends dans mon cœur cette voix, par une pensée ou une compréhension qui s’installe. Ce n’est pas réservé au dimanche matin ou pour nous la rencontre de l’après-midi. Le message est porteur d’une vie qui s’exprime quand elle veut, indépendamment de nous.

La foi vient de ce qu’on entend et ce qu’on entend vient de Dieu. C’est Lui qui suscite des messagers et c’est sa Vie qu’il transmet.

Je suis attirée et guidée par l’amour de Dieu

Je ne sais pas si c’est moi qui décide de renoncer au mensonge, ou si c’est une décision naturelle qui se fait lorsqu’on a véritablement le choix entre le bien et le mal.

Je crois personnellement que lorsqu’on voit le bien (Dieu), le choix d’aller vers lui se fait naturellement, car pour moi on ne peut qu’aimer le bien et être attiré par lui.

Donc je fais le choix de suivre la vérité mais en moi c’est naturel, c’est l’esprit de vérité qui prend le dessus sur l’esprit du mensonge. Je suis alors guidée par l’Esprit de Dieu pour le suivre (presque malgré moi !).

Ça fait du bien à l’intérieur.

Pour moi, c’est ça le repos en Dieu. Ma victoire est par abandon, mon action c’est d’abandonner le péché (les ténèbres) pour suivre la lumière. Cette action ne se commande pas. Lorsqu’on est dans les ténèbres et qu’on voit de la lumière on se dirige instinctivement vers elle.

Pendant des années j’étais dans ces ténèbres, on ne me présentait pas véritablement Jésus (la vérité). On me parlait seulement de Dieu et des histoires de Jésus, mais sans que je perçoive la lumière. C’était des mots sans la vie, des mots sans l’Esprit, des mots morts.

Et on me commandait d’aimer Dieu, d’aimer quelqu’un que je ne voyais pas et que je ne connaissais pas intimement. C’est impossible.

On peut obéir à des règles sans amour, mais aimer ça ne se commande pas.

La seule relation que Dieu propose c’est une relation d’amour avec les hommes. Or dans les milieux religieux que j’ai connus, je ne vivais pas cet amour, je ne voyais pas Dieu par son Esprit car je le cherchais avec ma chair.

Je croyais qu’avec mon obéissance, je finirais par gagner cet amour, par gagner Dieu, alors que Dieu ne se vend pas : il s’offre gratuitement.

J’ai compris que cet amour parfait est incompatible avec la chair et le péché. Donc nos efforts humains sont incompatibles avec la vie de Dieu. Cette vie pure ne peut se vivre qu’à travers l’Esprit de Dieu et la foi.

L’amour divin

J’attribue une grande valeur a une vie qui est invisible, celle de l’Esprit.

Dans cette vie, tout ce qui est à voir n’utilise pas les yeux physiques, ni le cerveau.

Cette vie n’exclut pas la diversité, et ceux qui la vivent n’ont pas besoin d’harmoniser leur mode de vie ou leurs croyances. L’unité qui nous lie existe indépendamment de ce qu’on voit et vit. C’est différent de l’unité artificielle des églises qui s’uniformisent par leurs pratiques.

Dieu se manifeste et nous parle quand il veut et où il veut ; il ne nous force pas, il nous attire.

Il s’exprime dans les situations de la vie quotidienne, et même à travers les « gens du monde“ qui sans s’en rendre compte véhiculent des choses de Dieu : Ses principes, sa nature.

Ils ne s’en rendent pas compte car ils le vivent naturellement et simplement. Comme ils ont intégré à travers le monde religieux que pour croire en Dieu il faut se forcer à faire et à être, ils n’attribuent donc pas ce naturel à Dieu Lui-même.

Il existe une vie naturelle à vivre en Dieu, sans aucune obligation. On arrive à souligner le côté “humain“ de ceux qui sont gentils et qui s’occupent des autres, mais en réalité c’est leur côté divin qui s’exprime.

Ceux qui ont à cœur les autres l’ont à cause de la nature de Dieu en eux. L’Esprit de Dieu ouvre nos cœurs aux autres, il fait en sorte que l’amour devienne naturel en nous et que ce soit l’amour qui nous guide naturellement.

Les croyants n’ont pas le devoir de faire du bien ; c’est l’amour de Dieu qu’ils ont en eux pour les autres qu’ils sont appelés à distribuer. C’est malgré eux, car quand on a de l’amour pour une personne, on n’a pas besoin de se forcer pour lui faire du bien, mais on redistribue gratuitement ce qu’on a reçu en abondance.

C’est cet amour qui dirige les hommes, pas les textes d’un livre.

J’ai découvert l’amour de Dieu ; je l’ai vécu intérieurement ; mais je suis loin d’en avoir fait le tour. J’ai encore des raisonnements qui me limitent dans la compréhension de cet amour et qui brident ma confiance en Lui.

Je sais que lorsqu’il donne, c’est en abondance, afin qu’on puisse le partager.

J’ai échangé le principe d’essayer de « recevoir beaucoup de Dieu » par celui de « donner », car ce qu’il donne c’est « pour les autres ».

Le peu que je découvre intérieurement de Dieu me rassure et me fait du bien, ça me donne envie d’en découvrir plus. Je suis attirée par Lui.

J’ai l’impression d’avoir reçu des gouttes d’eau de Lui alors qu’il est vaste comme un océan. Je sais qu’il fait son œuvre en moi avec délicatesse et pour la première fois de ma vie, je me sens en sécurité et apaisée.

J’apprécie le fait qu’on ne soit pas forcément conscient de ce qu’on apporte aux autres, car finalement ce bien qu’on fait aux autres ne vient pas de nous, mais de Dieu à travers nous.

Si on s’en rendait compte, on s’enorgueillirait d’avoir ce pouvoir, on sélectionnerait à qui le donner et on pervertirait cet élément précieux.

Donc c’est bien de ne pas avoir à choisir d’aimer ni de le maîtriser.

La réconciliation

Maintenant que je suis réconciliée avec ma nature et que j’arrive à la voire sans en être accusée, j’ai retrouvé une relation naturelle avec les gens (religieux ou non).

Je n’ai plus de « critères extérieurs » qui déterminent si une personne est fréquentable ou non. C’est mon cœur qui détermine si une personne m’attire et si j’apprécie sa présence.

J’ai compris que c’est le fait de ne pas suivre ses convictions qui est pécher. Au cours de notre vie, Dieu nous attire dans sa vérité, c’est ce qui transforme nos convictions.

La majorité de mes amis ne partagent pas ma foi, mais à travers eux je vois des principes de Dieu que j’aime. Je sais que Dieu n’abandonne aucune brebis et je ne me sens plus responsable de la vie spirituelle des autres.

Ce que je partage c’est ce que j’ai reçu ; et c’est ce que je vis. Si c’est en bénéfice à quelqu’un je ne m’attribue pas le mérite.

C’est Celui qui m’a donné pour l’autre qu’il faut remercier.

Je préfère ne pas réaliser ce que Dieu fait à travers moi car mon orgueil chercherait à s’approprier des dons de Dieu. je raisonnerais pour le contrôler et le distribuer aux autres, bref une calamité. Je préfère quand Dieu agit dans le secret, dans les cœurs.

Il est le mieux placé pour attirer ses enfants.

J’ai toujours eu beaucoup d’affection pour les gens et de la compassion. J’étais tellement obnubilée par le fait d’obéir à un Dieu sans le connaître que je ne voyais pas qu’en moi s’exprimait la nature de Dieu à travers l’amour que j’éprouve pour les autres.

Aujourd’hui je suis beaucoup plus sensible à cette nature de Dieu qui s’exprime dans tous les hommes et les femmes.

J’ai entendu parler des histoires de la bible toute ma vie mais ce n’est que maintenant que je découvre le cœur de Dieu. C’est impossible de connaître Dieu autrement que par la foi, autrement que par son Esprit ; en somme autrement que dans l’invisible humain.

Il faut apprendre à fermer ses yeux de chair et à ouvrir les autres !

Quand je côtoie des gens durs de cœur ou rudes, au lieu de les juger sur leur mode de vie, j’éprouve de la compassion pour eux. Je me dis que l’œuvre de Dieu dans leur vie va être forte et grande. Au-delà de la méchanceté de l’homme, je vois l’esprit du diable qui détruit et malmène le cœur des gens.

Je sais que les gens peuvent être transformés, et on a un bel exemple dans la bible avec Paul.

J’aime admirer les principes de Dieu qui s’expriment naturellement dans ceux qui m’entourent. J’en vois chez tout le monde, religieux ou non. Souvent, c’est sans le savoir, et sans faire exprès, que notre nature divine s’exécute sans qu’on le réalise.

C’est ce que Paul décrit dans rom. 2 v14 « Quand les païens, qui n’ont pas la loi, font naturellement ce que prescrit la loi… ils montrent que l’œuvre de la loi est écrite dans leurs cœurs ».

Jésus a dit que lorsqu’on fait une chose pour un petit, c’est à Lui qu’on le fait. Car c’est sa nature qui nous pousse à cette action, et tout ce qui vient de Lui retourne à Lui.

Personne n’est ni bon ni mauvais, on a tous ces deux forces en nous qui nous tiraillent, et je suis sûre que tout le monde préfère l’amour. Malheureusement la réalité de Dieu est parfois étouffée, et ce sont d’autres sentiments (esprits) qui nous dominent et nous dirigent.

Ce qui me réconforte c’est que Dieu reprend sa place, la première place, de sorte à ce que, comme il l’a annoncé : « Un jour, nous l’aimerons de tout notre cœur, et notre prochain comme nous-même ».

Je ne prends plus cette loi comme un commandement, je le vois comme une promesse de Dieu qu’il accomplira en nous.

Héloïse

De la religion à la foi

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