Pierre, vrai ou faux apôtre ?
Bonjour à toutes et à tous,
Dans de nombreux milieux religieux, Pierre est présenté comme « le fondement de l’Église » ou encore comme « le premier apôtre de Jésus ».
Cette affirmation, largement ancrée dans la conscience collective, repose notamment sur les miracles qui lui sont attribué, sa forte présence dans les récits de la vie de Jésus, ainsi que sur les paroles de Jésus lui confiant les « clés du royaume des cieux ».
Cependant, le véritable enjeu n’est pas la place donnée à un homme, mais c’est la fidélité au message de Jésus-Christ qui doit être une priorité. Or, bien souvent, l’attention se déplace vers l’autorité supposée de Pierre, empêchant chacun de juger de son enseignement sans même le confronter directement à celui de Jésus.
Dans ce document, je propose d’examiner une série de faits chronologiques simples.
L’objectif n’est donc pas de juger Pierre, mais d’offrir un repère concret à travers les textes, afin de permettre à chacun d’évaluer si ce que les Écritures rapportent de Pierre correspond à celui d’un véritable apôtre et de voir au travers des faits si son message et ses positions sont conformes à celles de Jésus.
Or l’intérêt des faits est qu’ils ne relèvent ni d’interprétations, ni de doctrines humaines : ils constituent une base neutre. À partir de ces éléments, chacun peut ainsi se forger librement sa propre opinion sur la réalité du témoignage biblique concernant Pierre.
Enfin, puisque l’essentiel demeure le message, une question accompagnera cette réflexion : le cœur de l’enseignement de Jésus est-il « Tout ce que Jésus a accompli et qui nous donne la paix en Dieu », ou bien « tout ce que l’homme doit accomplir pour être en règle avec Dieu » ?
À la lumière de cette distinction, chacun pourra discerner si Pierre s’inscrit dans la continuité du message de Jésus ou non, indépendamment des affirmations religieuses.
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Concernant les miracles, il est possible de les écarter comme critère de vérité car Jésus lui-même a averti que des personnes viendraient en son nom, accomplissant des miracles et toutes sortes de prodiges, dans le but de séduire, si possible, même les élus.
Matthieu 24:24 Car il s’élèvera de faux Christs et de faux prophètes; ils feront de grands prodiges et des miracles, au point de séduire, s’il était possible, même les élus.
Ainsi, le fait que Pierre ait accompli des miracles ne constitue pas une preuve qu’il est un véritable apôtre de Jésus. Selon les propres paroles de Jésus, les miracles peuvent aussi être un moyen de séduction, et ne peuvent donc servir de fondement.
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Concernant maintenant un point essentiel — celui du « fondement de l’église » et de la « proposition des clés du royaume des cieux», il s’agit d’abord de comprendre précisément « de quoi il est question », puis d’examiner « ce qui a réellement été fait de cette proposition » par la suite.
Avant toute observation, il convient donc de revenir au passage lui-même :
Matthieu 16:13 Jésus, étant arrivé dans le territoire de Césarée de Philippe, demanda à ses disciples: Qui dit-on que je suis, moi, le Fils de l’homme?
14 Ils répondirent: Les uns disent que tu es Jean-Baptiste; les autres, Élie; les autres, Jérémie, ou l’un des prophètes.
15 Et vous, leur dit-il, qui dites-vous que je suis?
16 Simon Pierre répondit: Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant.
17 Jésus, reprenant la parole, lui dit: Tu es heureux, Simon, fils de Jonas; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais c’est mon Père qui est dans les cieux.
18 Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle.
19 Je te donnerai les clefs du royaume des cieux: ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux.
20 Alors il recommanda aux disciples de ne dire à personne qu’il était le Christ.
Dans ce passage des Écritures, on voit Jésus poser une question à laquelle le Père lui-même apporte une réponse.
En effet, comme Jésus l’enseigne, il s’agit ici d’une « révélation » donnée par le Père : une révélation concernant l’identité, l’origine et la nature de Jésus ; le Christ, le Fils du Dieu vivant.
Jésus montre ainsi que cette révélation donnée — la connaissance de Qui il est réellement — constitue le fondement de son Église. Dans le même sens, l’apôtre Paul affirmera également que Jésus est le fondement et la pierre angulaire. (Ephésiens 2:20).
À la lecture de ce texte, il apparaît donc que la base n’est pas l’homme Pierre en lui-même, mais que le socle de l’église repose sur la révélation que Dieu donne concernant Jésus-Christ. C’est cette révélation qui constitue la base du christianisme. (Christ-ianisme)
Jésus ajoute ensuite que les portes du séjour des morts ne prévaudront pas contre cette révélation. C’est dans ce contexte qu’il adresse à Pierre la proposition des « clés du royaume des cieux ».
Autrement dit, Jésus indique à Pierre que, s’il demeure dans cette révélation venant du Père — (Tu es heureux, Simon, fils de Jonas ; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais c’est mon Père qui est dans les cieux) — alors il lui sera donné d’exercer cette autorité : ce qu’il liera sur la terre sera lié dans les cieux, et ce qu’il déliera sur la terre sera délié dans les cieux.
Lorsqu’il déclare « Je te donnerai les clefs du royaume des cieux », Jésus inscrit clairement cette promesse dans le cadre de cette révélation, car en dehors de ce socle, ces clefs ne peuvent être accordées. Ce don n’est donc pas automatique, mais inclus au fait de demeurer dans cette révélation concernant Jésus. C’est pourquoi Jésus n’emploie pas le présent — « je te donne » — mais le futur : « je te donnerai ».
Ces éléments étant posés, il est important de noter que ce passage a été coupé, comme c’est généralement le cas dans les enseignements religieux. Pourtant, il possède une suite directe qu’il est essentiel de considérer, car elle forme un tout avec ce qui vient d’être exposé.
La voici :
21 Dès lors Jésus commença à faire connaître à ses disciples qu ‘il fallait qu’il allât à Jérusalem, qu’il souffrît beaucoup de la part des anciens, des principaux sacrificateurs et des scribes, qu’il fût mis à mort, et qu’il ressuscitât le troisième jour.
22 Pierre, l’ayant pris à part, se mit à le reprendre, et dit: A Dieu ne plaise, Seigneur! Cela ne t’arrivera pas.
23 Mais Jésus, se retournant, dit à Pierre: Arrière de moi, Satan! tu m ‘es en scandale; car tes pensées ne sont pas les pensées de Dieu, mais celles des hommes.
24 Alors Jésus dit à ses disciples: Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive.
25 Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la trouvera.
26 Et que servirait-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perdait son âme? ou, que donnerait un homme en échange de son âme?
27 Car le Fils de l’homme doit venir dans la gloire de son Père, avec ses anges; et alors il rendra à chacun selon ses oeuvres.
28 Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point, qu’ils n’aient vu le Fils de l’homme venir dans son règne.
Comme le texte le rapporte explicitement, les Écritures indiquent : «Dès lors Jésus commença à faire connaître …». Pour Jésus, un élément fondamental suit immédiatement cette révélation sur son identité : Il est le Christ venu pour souffrir, mourir, ressusciter.
Jésus enseigne donc aussitôt à ses disciples qu’il est le Christ venu pour mourir et ressusciter.
Tel est précisément « l’enseignement de Jésus » : il est le Christ qui se donne pour le monde. À titre de rappel, c’est exactement ce que Jean-Baptiste avait proclamé de lui : « Voici l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde. »
Mais examinons attentivement la suite du récit. Bien que Pierre reconnaisse Jésus comme le Christ, sa position est manifeste sur le fait qu’il est opposé aux souffrances et au sacrifice de Christ.
Le texte est limpide : un instant plus tôt, Pierre reçoit une révélation du Père ; l’instant suivant, fort de cette révélation, il reprend Jésus et s’oppose à son œuvre.
À cela, Jésus répond avec une fermeté absolue : « Arrière de moi, Satan ! Tu m’es un scandale, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »
Telle est donc la réalité des faits rapportés par le texte : juste après avoir reçu une révélation, la voix de l’opposant parle à travers Pierre, révélant deux domaines radicalement opposés.
Il est donc crucial de ne pas isoler cette partie du récit, qui forme un tout avec le passage précédent ; C’est l’ensemble du passage qui délivre l’enseignement complet.
Examinons maintenant, dans la suite des événements, la position réelle de Pierre à travers ses discours et ses prises de position successives.
Car c’est à son enseignement concret et à sa fidélité au message que l’on peut discerner s’il est demeuré dans la proposition et les paroles de Jésus, ou s’il a continué comme un opposant subtil, un faux apôtre inspiré par Satan. Cette hypothèse peut choquer, mais ce ne sont ni les émotions, ni les idées préconçues, ni les préjugés qui font autorité : seuls les faits mentionnés par les témoins devraient faire force.
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Examinons maintenant la position et l’enseignement de Pierre dès les débuts du livre « Actes des Apôtres ».
Actes 2:1 Le jour de la Pentecôte, ils étaient tous ensemble dans le même lieu.
2 Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d’un vent impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis.
3 Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d’eux.
4 Et ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et se mirent à parler en d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer.
5 Or, il y avait en séjour à Jérusalem des Juifs, hommes pieux, de toutes les nations qui sont sous le ciel.
6 Au bruit qui eut lieu, la multitude accourut, et elle fut confondue parce que chacun les entendait parler dans sa propre langue.
7 Ils étaient tous dans l’étonnement et la surprise, et ils se disaient les uns aux autres: Voici, ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens?
8 Et comment les entendons-nous dans notre propre langue à chacun, dans notre langue maternelle?
9 Parthes, Mèdes, Élamites, ceux qui habitent la Mésopotamie, la Judée, la Cappadoce, le Pont, l’Asie,
10 la Phrygie, la Pamphylie, l’Égypte, le territoire de la Libye voisine de Cyrène, et ceux qui sont venus de Rome, Juifs et prosélytes,
11 Crétois et Arabes, comment les entendons-nous parler dans nos langues des merveilles de Dieu?
12 Ils étaient tous dans l’étonnement, et, ne sachant que penser, ils se disaient les uns aux autres: Que veut dire ceci?
13 Mais d’autres se moquaient, et disaient: Ils sont pleins de vin doux.
14 Alors Pierre, se présentant avec les onze, éleva la voix, et leur parla en ces termes: Hommes Juifs, et vous tous qui séjournez à Jérusalem, sachez ceci, et prêtez l’oreille à mes paroles!
15 Ces gens ne sont pas ivres, comme vous le supposez, car c’est la troisième heure du jour.
16 Mais c ‘est ici ce qui a été dit par le prophète Joël:
17 Dans les derniers jours, dit Dieu, je répandrai de mon Esprit sur toute chair; Vos fils et vos filles prophétiseront, Vos jeunes gens auront des visions, Et vos vieillards auront des songes.
18 Oui, sur mes serviteurs et sur mes servantes, Dans ces jours-là, je répandrai de mon Esprit; et ils prophétiseront.
19 Je ferai paraître des prodiges en haut dans le ciel et des miracles en bas sur la terre, Du sang, du feu, et une vapeur de fumée;
20 Le soleil se changera en ténèbres, Et la lune en sang, Avant l’arrivée du jour du Seigneur, De ce jour grand et glorieux.
21 Alors quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé.
22 Hommes Israélites, écoutez ces paroles! Jésus de Nazareth, cet homme à qui Dieu a rendu témoignage devant vous par les miracles, les prodiges et les signes qu ‘il a opérés par lui au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes;
23 cet homme, livré selon le dessein arrêté et selon la prescience de Dieu, vous l’avez crucifié, vous l’avez fait mourir par la main des impies.
24 Dieu l’a ressuscité, en le délivrant des liens de la mort, parce qu’il n’était pas possible qu’il fût retenu par elle.
25 Car David dit de lui: Je voyais constamment le Seigneur devant moi, Parce qu’il est à ma droite, afin que je ne sois point ébranlé.
26 Aussi mon coeur est dans la joie, et ma langue dans l’allégresse; Et même ma chair reposera avec espérance,
27 Car tu n’abandonneras pas mon âme dans le séjour des morts, Et tu ne permettras pas que ton Saint voie la corruption.
28 Tu m’as fait connaître les sentiers de la vie, Tu me rempliras de joie par ta présence.
29 Hommes frères, qu’il me soit permis de vous dire librement, au sujet du patriarche David, qu ‘il est mort, qu’il a été enseveli, et que son sépulcre existe encore aujourd’hui parmi nous.
30 Comme il était prophète, et qu’il savait que Dieu lui avait promis avec serment de faire asseoir un de ses descendants sur son trône,
31 c’est la résurrection du Christ qu’il a prévue et annoncée, en disant qu’il ne serait pas abandonné dans le séjour des morts et que sa chair ne verrait pas la corruption.
32 C’est ce Jésus que Dieu a ressuscité; nous en sommes tous témoins.
33 Élevé par la droite de Dieu, il a reçu du Père le Saint-Esprit qui avait été promis, et il l’a répandu, comme vous le voyez et l’entendez.
34 Car David n’est point monté au ciel, mais il dit lui-même: Le Seigneur a dit à mon Seigneur: Assieds-toi à ma droite,
35 Jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied.
36 Que toute la maison d’Israël sache donc avec certitude que Dieu a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié.
37 Après avoir entendu ce discours, ils eurent le coeur vivement touché, et ils dirent à Pierre et aux autres apôtres: Hommes frères, que ferons-nous?
38 Pierre leur dit: Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés; et vous recevrez le don du Saint-Esprit.
39 Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera.
40 Et, par plusieurs autres paroles, il les conjurait et les exhortait, disant: Sauvez-vous de cette génération perverse.
41 Ceux qui acceptèrent sa parole furent baptisés; et, en ce jour-là, le nombre des disciples s’augmenta d’environ trois mille âmes.
42 Ils persévéraient dans l’enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les prières.
43 La crainte s’emparait de chacun, et il se faisait beaucoup de prodiges et de miracles par les apôtres.
Dans ce texte, on peut lire que le jour de la Pentecôte, l’Esprit Saint descend sur les disciples, leur donnant le pouvoir de parler dans les langues maternelles des juifs venus de toutes les nations pour séjourner à Jérusalem.
On peut remarquer qu’au delà de ce prodige, il y a un point commun qui unit les disciples qui parlent dans ces langues : Ils proclament tous « les merveilles de Dieu ».
L’Esprit permit ainsi à chacun d’entendre, dans sa propre langue, un message qui les émerveillait : en somme, des merveilles faites pour émerveiller.
Les Écritures sont formelles : il n’est question ni de crainte, ni de peur, mais uniquement des « merveilles de Dieu ».
C’est alors que Pierre intervient, interrompant ce témoignage de l’Esprit pour prononcer un long discours, demandant à tous d’écouter « ses paroles » à lui : « prêtez l’oreille à mes paroles ».
Mais le contraste est frappant :
Là où l’Esprit parle de merveilles, Pierre parle de ténèbres : « le soleil se changera en ténèbres, et la lune en sang ».
Là où l’Esprit émerveille, Pierre accuse l’auditoire :
« Que toute la maison d’Israël sache donc avec certitude que Dieu a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié.» (Actes 2:36).
Après avoir eu le cœur vivement touché par cette accusation, ces juifs, peut-être même absents de Jérusalem lors de la crucifixion, se retrouvent pourtant accusés du « meurtre de Jésus ».
Profondément bouleversés, ils s’écrient : « Hommes frères, que ferons-nous ? » (v.37).
La réponse de Pierre est immédiate, Pierre leur demande de se repentir d’avoir tué Jésus. : «Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés; et vous recevrez le don du Saint-Esprit. » (v.38).
Chacun est libre de se poser la question :
Ces personnes, ont-elles été baptisées dans « la bonne nouvelle » et « dans les merveilles de Dieu », ou bien dans « l’accusation d’avoir tué Jésus », portant désormais ce poids sur leur conscience ?
Le message de Pierre est-il un message merveilleux ou un message d’accusation ?
Une chose est certaine : pour Pierre, la crucifixion de Jésus demeure une anomalie. Celui qui lui avait été révélé comme étant le Christ ne devait pas mourir. Les pensées qu’il avait eues autrefois étaient toujours actives, malgré ce que Jésus lui avait très fortement répondu.
Il n’acceptait toujours pas que Jésus ait donné sa vie librement et volontairement.
D’ailleurs, cette difficulté apparaît également dans les Écritures à travers une autre déclaration accusatrice : « Vous avez fait mourir le Prince de la vie, que Dieu a ressuscité des morts; nous en sommes témoins. » (Actes 3:15).
À travers la répétition de ses accusations, on peut se demander si Pierre est resté fidèle à l’enseignement de Jésus, notamment lorsqu’il affirme : Jean 10:18 Personne ne me l’ôte, mais je la donne de moi-même; j’ai le pouvoir de la donner, et j’ai le pouvoir de la reprendre: tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père.
Si Pierre demeure, même après la résurrection, dans une forme d’opposition à l’idée que Jésus ait donné sa vie librement, pouvait-il alors annoncer pleinement le véritable Évangile de Dieu, celui qui avait été annoncé d’avance par les prophètes ?
Dès lors, une autre question se pose : s’il n’a, ni conservé pleinement la révélation sur la personne de Jésus, ni intégré ce que Jésus a lui-même enseigné à son sujet, peut-on affirmer que les clefs du royaume des cieux lui ont réellement été confiées ?
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Pour la suite, examinons un passage des Écritures qui résume parfaitement la position de Pierre, mais cette fois bien plus tard dans le temps.
Galates 2:1 Quatorze ans après, je montai de nouveau à Jérusalem avec Barnabas, ayant aussi pris Tite avec moi;
2 et ce fut d’après une révélation que j’y montai. Je leur exposai l’Évangile que je prêche parmi les païens, je l’exposai en particulier à ceux qui sont les plus considérés, afin de ne pas courir ou avoir couru en vain.
3 Mais Tite, qui était avec moi, et qui était Grec, ne fut pas même contraint de se faire circoncire. 4 Et cela, à cause des faux frères qui s’étaient furtivement introduits et glissés parmi nous, pour épier la liberté que nous avons en Jésus-Christ, avec l’intention de nous asservir.
5 Nous ne leur cédâmes pas un instant et nous résistâmes à leurs exigences, afin que la vérité de l’Évangile fût maintenue parmi vous.
6 Ceux qui sont les plus considérés-quels qu’ils aient été jadis, cela ne m’importe pas: Dieu ne fait point acception de personnes, -ceux qui sont les plus considérés ne m’imposèrent rien.
7 Au contraire, voyant que l’Évangile m’avait été confié pour les incirconcis, comme à Pierre pour les circoncis, –
8 car celui qui a fait de Pierre l’apôtre des circoncis a aussi fait de moi l’apôtre des païens, –
9 et ayant reconnu la grâce qui m ‘avait été accordée, Jacques, Céphas et Jean, qui sont regardés comme des colonnes, me donnèrent, à moi et à Barnabas, la main d’association, afin que nous allassions, nous vers les païens, et eux vers les circoncis.
10 Ils nous recommandèrent seulement de nous souvenir des pauvres, ce que j’ai bien eu soin de faire.
11 Mais lorsque Céphas vint à Antioche, je lui résistai en face, parce qu’il était répréhensible.
12 En effet, avant l’arrivée de quelques personnes envoyées par Jacques, il mangeait avec les païens; et, quand elles furent venues, il s’esquiva et se tint à l’écart, par crainte des circoncis.
13 Avec lui les autres Juifs usèrent aussi de dissimulation, en sorte que Barnabas même fut entraîné par leur hypocrisie.
14 Voyant qu’ils ne marchaient pas droit selon la vérité de l’Évangile, je dis à Céphas, en présence de tous: Si toi qui es Juif, tu vis à la manière des païens et non à la manière des Juifs, pourquoi forces-tu les païens à judaïser?
15 Nous, nous sommes Juifs de naissance, et non pécheurs d’entre les païens.
16 Néanmoins, sachant que ce n’est pas par les oeuvres de la loi que l’homme est justifié, mais par la foi en Jésus-Christ, nous aussi nous avons cru en Jésus-Christ, afin d’être justifiés par la foi en Christ et non par les oeuvres de la loi, parce que nulle chair ne sera justifiée par les oeuvres de la loi.
17 Mais, tandis que nous cherchons à être justifiés par Christ, si nous étions aussi nous-mêmes trouvés pécheurs, Christ serait-il un ministre du péché? Loin de là!
18 Car, si je rebâtis les choses que j’ai détruites, je me constitue moi-même un transgresseur,
19 car c’est par la loi que je suis mort à la loi, afin de vivre pour Dieu.
20 J’ai été crucifié avec Christ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi.
21 Je ne rejette pas la grâce de Dieu; car si la justice s’obtient par la loi, Christ est donc mort en vain.
Galates 3:1 O Galates, dépourvus de sens! Qui vous a fascinés, vous, aux yeux de qui Jésus-Christ a été peint comme crucifié?
2 Voici seulement ce que je veux apprendre de vous: Est-ce par les oeuvres de la loi que vous avez reçu l’Esprit, ou par la prédication de la foi?
Penchons-nous maintenant sur un passage révélateur, survenu de très nombreuses années après les évènements de la Pentecôte.
Nous pouvons constater dans ces passages qu’alors que Paul parcourait le bassin méditerranéen pour annoncer la Bonne Nouvelle, il fut subitement arrêté dans sa course. Et il est important de noter qu’il fut arrêté par révélation.
Paul explique que cette interruption a un enjeu majeur : « Ce fut d’après une révélation que j’y montai. Je leur exposai l’Évangile que je prêche parmi les païens, je l’exposai en particulier à ceux qui sont les plus considérés, afin de ne pas courir ou avoir couru en vain » (Galates 2:2).
Il est capital de mesurer que si l’Esprit de Dieu a stoppé Paul, c’est pour prêcher l’Evangile de Dieu devant les « plus considérés » à Jérusalem. On saisit donc aisément qu’il y avait un problème très grave et qui pouvait rendre à néant le travail de son ministère.
Au verset 3, dès l’arrivée de Paul et de Tite à Jérusalem, on lit qu’il y avait un souci concernant le régime général sous lequel étaient les croyants de Jérusalem : Ils vivaient encore sous le régime de loi, ce qui est illustré par la circoncision. Il y était donc enseigné la soumission à la loi prescrite et ordonnées.
Mais on peut lire que Paul défend fermement sa position, celle de l’Evangile de Dieu qu’il a reçu directement par Jésus-Christ glorifié: « Ceux qui sont les plus considérés — quels qu’ils aient été jadis, cela ne m’importe pas : Dieu ne fait point acception de personnes — ceux qui sont les plus considérés ne m’imposèrent rien » (Galates 2:6).
Ce problème de « régime de loi » est terrible car les Écritures affirment que quiconque se place sous les œuvres de la loi est déchu de la grâce.
Il y a donc là un problème de taille concernant l’Evangile de Dieu. Si en effet, comme l’apôtre Paul l’écrit, en l’Evangile est révélé la justice de Dieu qui est par la foi et pour la foi, n’oublions pas que son opposant direct est la loi car elle est le ministère de la condamnation. (2 Corinthiens 3v9).
Effectivement, si les Écritures enseignent que quiconque croit en Jésus a la vie éternelle, son opposé direct est bien la loi car elle est un ministère de mort. (2 Corinthiens 3v7)
Or il n’y a « qu’en la foi en Jésus », dans la connaissance de Christ, — Qui il est, et Son Œuvre — que la mort n’a plus de pouvoir sur le croyant.
Or, ce problème de loi et d’opposition à l’évangile de Dieu s’est malheureusement infiltré dans toutes les églises. Et Paul témoigna même aux Galates que 14 ans après son appel, il reprit Pierre publiquement parce qu’il usait d’hypocrisie et ne se tenait ni droit, ni intègre à l’Evangile.
12 En effet, avant l’arrivée de quelques personnes envoyées par Jacques, il mangeait avec les païens; et, quand elles furent venues, il s’esquiva et se tint à l’écart, par crainte des circoncis.
13 Avec lui les autres Juifs usèrent aussi de dissimulation, en sorte que Barnabas même fut entraîné par leur hypocrisie.
14 Voyant qu’ils ne marchaient pas droit selon la vérité de l’Évangile, je dis à Céphas, en présence de tous: Si toi qui es Juif, tu vis à la manière des païens et non à la manière des Juifs, pourquoi forces-tu les païens à judaïser?
Même des années après, Pierre resta dans « le régime de loi et de ses œuvres », loin de ce qui lui avait pourtant été révélé sur le Christ et donc loin de l’annonce du véritable Évangile de Dieu.
Bien que nous pourrions observer beaucoup d’autres passages qui montrent une déviation subtile et continuelle de Pierre, ce document a surtout pour but de concentrer un problème de taille et qui reste malheureusement même 2000 ans après, peu discerné dans son ampleur et sa gravité.
À la lumière de ces faits simples, chacun peut se faire sa propre opinion sur la position de Pierre, l’évangile qu’il enseigna, et qui il servait réellement au-delà des apparences.
Rémi
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